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22/11/2015

La cuisson solaire

En ce dimanche ensoleillé de la Caroline du Sud, mais bien triste week-end à Bruxelles, et beaucoup d'autres endroits dans le monde menacés par le terrorisme, j'aimerais tenter de vous amener un sourire aux lèvres.

 
Comme je l'ai expliqué à certains et certaines, la cambuse ou coquerie à bord de  Otter II est souvent au centre de mes préoccupations.( j'y suis quand même 3 fois par jour) Que ce soit pour l'approvisionnement, la confection de petits repas, ou tout simplement l'équipement. 
D'ailleurs, pas plus tard que la semaine passée je me suis acheté un batteur mécanique. Très difficile à trouver. ;-)) mais si pratique pour nos mousses au chocolat et autres blancs d'oeufs montés en neige.
 
Depuis avant-hier, je suis l'heureuse propriétaire d'un "four solaire" et qui plus est, repliable.
Je me suis précipitée pour l'essayer. Waouwww!!! Je suis emballée.
 
Plusieurs raisons m'ont poussée à cet achat. 
Ce qui pour vous terriens est une évidence : je tourne le bouton de ma gazinière et le gaz jaillit. Pareil pour les boutons de la plaque électrique ou autres cuisinières à induction, ne l'est pas du tout pour nous, bisounours à bord d'un voilier équipé pour le grand voyage et non appartement flottant branché 3/4 du temps à l'électricité de la marina.
Nous utilisons le gaz. Bouteilles de camping gaz au départ de l'Europe, vite remplacées par des bonbonnes américaines. Ceci parce que  tout simplement nous ne pouvons pas faire remplir les camping gaz ici.
Il est facile de remplir les bouteilles dans la plupart des villes et marinas du Nouveau Monde. Mais plus on s'aventure dans les lieux retirés et isolés, ou plus précaires, plus il en va différemment.
Or il n'est pas question de se passer de bons petits plats mijotés, de pain et autres cuissons longue durée. 
J'applique déjà les astuces connues comme la casserole à pression, couvrir les casseroles, couper les légumes en plus petits morceaux...Mais bon pour tout cela, il faut du gaz.
Autre raison à prendre en considération, c'est la chaleur que dégage la cuisson des aliments. Sous les tropiques, cela est parfois vraiment dur dur. Et nous n'avons pas l'airco à bord ( et nous n'en voulons pas).
 
Et puis une autre raison me parle également. 
Depuis la nuit des temps, l'homme se sert de bois ou d'énergies fossiles pour cuire ses aliments. 
Or :

"La cuisson solaire contribue à résoudre deux des problèmes majeurs dans le monde : l’aggravation du manque d’énergies pour la cuisson et le fléau des maladies liées à l’eau. La moitié de la population mondiale cuisine à l’aide du feu de bois. Selon l’ONU, deux tiers de la population mondiale, c’est-à- dire deux milliards de personnes, souffrent du manque de bois. Les femmes, et parfois les enfants, doivent aller chercher le bois de plus en plus loin,ce qui prend plus de temps que par le passé. Les familles vivant dans les villes dépensent 30 à 50% de leur revenu dans les énergies de cuisson, ou échangent une partie de leur nourriture contre du bois. Les familles délaissent les aliments riches en nutriments, qui nécessitent une cuisson lente, causant ainsi disette et malnutrition. De nombreux gouvernements importent et subventionnent des énergies fossiles. Grâce au cuiseur solaire, les familles réduisent de moitié leurs besoins en bois de cuisson.

 La pasteurisation de l’eau et du lait grâce au cuiseur solaire aide à réduire la contamination par le choléra et autres maladies liées à la consommation d’eau impropre, qui causent la mort de 50000 personnes par jour. L’OMS estime qu’environ 80% des maladies prolifèrent à cause d’une eau contaminée "  Source :CUISEURS SOLAIRES Comment construire, employer et apprécier 

http://solarcooking.org/francais/plans-fr. je vous invite à lire l'excellent article.

Alors oui, cuisiner avec l'énergie du soleil, voilà qui m'a directement séduite.

Mon four est réalisé dans la même matière que les sacs frigo mais l'intérieur est en matière réfléchissante comme les protège pare-brise. Un couvercle en plastique transparent pour fermer le tout et que la cuisson commence.
 
Il faut des récipients noirs pour absorber la chaleur (raison pour laquelle nous sommes si contents que la coque de notre bateau soit blanche!!)
Idéalement, on peut cuisiner les repas de midi à partir de 10 heures et ceux du soir à partir de quelques heures avant et jusqu'au coucher du soleil. Selon l'intensité du soleil on ajoute 1 à 2 heures au temps de cuisson habituel.
En préparation, cela prend juste le temps de mettre tous les ingrédients dans le récipient.
La température de cuisson se situe entre 80 et 130 degrés. Donc nous réalisons du slowcooking, ce qui préserve la qualité des aliments, qui permet d'avoir une viande très tendre, qui évite que les aliments s'attachent et puis pas de risque d'incendie.
 
J'ai cuit avec succès des pommes de terres pétées, des poivrons, des pommes (accommodées avec délicieuse crème anglaise).
Je projette déjà un délicieux Chili Con Carne, une bonne sauce bolo, ou une excellente soupe au potimarron.
 
J'ai acheté mon four solaire sur Amazon. Il s'appelle Sunflair oven. Maintenant pour ceux que cela intéresse et selon les plans fournis par l'excellent article cité au milieu de ce texte, on peut essayer de le réaliser soi-même.
Il ne faut pas nécessairement être sous les tropiques pour tenter L'expérience. Une belle journée ensoleillée en Belgique fera l'affaire. (MvE)
 

IMG_4650 four solaire.JPG

 

22/05/2015

Salade liégeoise revisitée et inspirée par les légumes des Bermudes

Les recettes à bord naissent souvent avec ce que j'ai sous la main. La plupart du temps, des adaptations de vieux classiques.  Quelquefois d'heureuses inventions, parfois des essais de secrets locaux.

A peine arrivés à St George, Bermudes, nous recevons la visite d'un couple en bateau à moteur. D'anciens bourlingueurs qui, après des années de voyage, ont posé leur sac aux Bermudes. Il y a pire...

La plage avant de leur canot était couverte de cageots remplis de jolis légumes de leur jardin. Des légumes non réfrigérés, cultivés avec amour sans pesticides ... Byzance!

Ils vendent leurs légumes afin de rencontrer les voileux ancrés dans la baie de  St George et retrouver l'ambiance des "chats" avec des navigateurs au long cours.

Des pommes de terre (mauves) nouvelles, des oignons rouges, des haricots mauves, des carottes mauves, laitues au feuillage tendre, jeunes oignons ciboulette, thym local, origan...

Pommes de terre, oignons, haricots....hmm des ingrédients  bien de chez nous... Bon ! Pas de lardons à l'horizon. Pas grave. Pour les coups durs;-)) j'ai toujours une conserve de confit de canard quelque part.  

Lors de nos passages dans les territoires français d'Outre-mer, St Pierre & Miquelon, la dernière fois, j’ai fait le stock de gésiers confits, graisse de canard, lentilles cuisinées, cassoulet, vins, sardines, échalotes, etc. Bref, je casse ma tirelire et…  

Ingrédients

Même quantité (300g à 400g) de haricots que de pommes de terre

1 bel oignon rouge émincé

1 gousse d'ail

1 belle cuisse confite de canard (ou 2 pour les grosses faims et selon disponibilité)

Vinaigre balsamique

Graisse de canard

Sel, poivre

Cuire les  haricots dans de l’eau bouillante salée

Idem pour pommes de terre, j'ai ajouté une grosse gousse d'ail émincé dans l'eau de cuisson.

Rissoler l'émincé d'oignons dans la graisse de canard. Surtout ne pas faire brunir. Lorsque les oignons sont fondants, ajouter la (les) cuisse(s) découpée(s) en petits morceaux. Après quelques minutes, déglacer d'un bon jet de vinaigre balsamique. Mettre tous les ingrédients dans un saladier, poivrer et mélanger délicatement.

Servir immédiatement, arrosé d'un bon vin rouge s'il en reste à bord.

 

10/05/2015

1.-

Il n'y a pas de raisons pour que les plaisirs de table ne soient réservés qu'aux "terriens"!

A bord de Otter II , les repas font partie des moments importants de la navigation. Ils rythment, réconfortent et agrémentent notre vie.
La cuisine en mer est différente. On devra se débrouiller "avec les moyens du bord"*
Il faudra quelques cuillerées d'imagination, un zeste d'audace, une cambuse** bien achalandée. DSC00188.jpg
Cuisiner à l'escale est un moment de pur régal.
C'est l'instant des découvertes de nouveaux produits. C'est l'instant des flâneries sur les marchés locaux. C'est aussi la rencontre avec les "mamas" du monde entier, qui parfois me confient une recette par çi ou par là. 
La chasses aux vivres fait donc partie intégrante des escales.
"Mercado", "tienda", "abarroteria", "comestibles", "supermercado", "panaderia", "grocery", "store", "farmers market", "bakery" sont des mots que j'ai rapidement retenus pour approvionner notre cambuse.
 
La coquerie est la cuisine aménagée dans un port, où les coqs préparent la nourriture pour l'équipage d'un bareau. Par extension, c'est aussi la cuisine à bord d'un navire.DSC00297.jpg
 
*Expression qui prend son origine dans le monde de la marine et qui fait référence aux ressources limitées dont disposait l'équipage d'un navire pour subvenir à ses besoins ou pour solutionner un problème concret. On retrouve plus généralement l'expression faire avec les moyens du bord.
 
** La cambuse est la soute réservée au stockage des vivres et de l'approvisionnement du bord. Terme souvent improprement employé pour désigner l'espace cuisine.
 
 
Ophélie.jpg