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19/12/2016

Petite chronique du Rio Dulce

Petite chronique du rio Dulce

 

Il y a quatre semaines que nous sommes revenus après quatre mois de pérégrinations européennes. Un mois pour reprendre nos marques plus difficiles dans un bateau en chantier. Hugo, notre ouvrier guatémaltèque a vécu en notre absence un drame familial qui l’a contraint à accumuler un retard imprévu dans les travaux demandés. Impossible de lui en vouloir. Perdre son jeune fils suite à une chute accidentelle et une longue agonie a été pour lui et sa famille une irréversible catastrophe dont il essaie tout doucement de se relever. Nous l’aidons de notre mieux en valorisant son travail lorsqu’il vient à bord avec sa jeune et sympathique équipe. Nous les approvisionnons en boissons rafraîchissantes qui les aident à assumer la chaleur torride à laquelle ils sont certes mieux adaptés que nous mais qui reste néanmoins un élément de pénibilité incontestable. Travailler même à l’ombre pendant une journée sans pluie relève ici de la performance, les températures dans le bateau fluctuant autour des 35-38°C !

Fort heureusement, la Monkey Bay Marina où nous sommes amarrés comprend plusieurs avantages : elle est organisée comme une colocation où, cuisine (bien équipée), grande salle de séjour (où l’on peut prendre l’apéro, dîner, se reposer, faire son fitness), atelier (avec électricité, compresseur, perceuse, meuleuse,…) et douches/toilettes sont partagées par les équipages. Ainsi, Anglais, Américains, Canadiens, Russes, Belges, Guatémaltèques se côtoient dans une ambiance très conviviale. Chacun s’intéresse aux petites habitudes des uns et des autres, aux traditions, aux us et coutumes, bref tout un petit monde très cosmopolite bien agréable à vivre au quotidien. Cette convivialité comporte l’avantage de nous éloigner du bateau lorsqu’on y travaille ou lorsqu’il y fait trop chaud. La salle commune est couverte d’un toit de palmes très joli et ouvert à la brise qui vient rafraîchir fort heureusement l’atmosphère. Elle est équipée de grands ventilateurs qui permettent de mieux supporter la chaleur et c’est donc là que, assez souvent, on peut se retrouver pour un apéritif où chacun apporte sa contribution en « amuse-bouche ». Ce sont de précieux moments de partage qui stimulent mon apprentissage de l’anglais. Quant à celui de Marjo on peut dire qu’il fait partie de son bagage linguistique pour ainsi dire acquis ! Elle s’est maintenant jetée sur l’apprentissage de l’espagnol dans lequel elle progresse assez rapidement pour que j’en fasse des complexes ! Son incroyable don des langues me fascine. Il faut dire que quand elle cause, elle cause… et ces longues heures de pratique sont autant d’avantages par rapport au relatif mutisme qui me caractérise… en anglais comme en espagnol, d’ailleurs !

Tous les matins, à 08h00, la VHF est branchée sur le canal 69 (le cruiser’s net). Il y a déjà plus de deux heures que nous sommes réveillés. Avec 8 heures de décalage, il est 16h00 à Bruxelles. Parfois, ces deux heures sont consacrées à téléphoner à l’un ou à l’autre mais c’est notre fille Manon la plus fidèle au poste. C’est fou ce qu’une mère et une fille peuvent se raconter ! Tous les matins donc nous avons droit à : « Good morning Rio Dulce ! ». Suivent alors toutes les communications dont, d’abord, la météo. Ensuite, le canal est ouvert à celui ou celle qui souhaite faire une communication. La plupart concernent les propositions de menus dans les différents restaurants riverains du rio. On y annonce les plats du jour ainsi que les prix qui, le plus souvent, défient toute concurrence. Ici, dans le Rio Dulce, il n’est pas rare de pouvoir manger pour 3€. Compte tenu qu’une bière coûte 1,5€, on peut dire que la vie est ici vraiment bon marché. Par exemple, pour 4€ vous pouvez acheter facilement 4 kilogs de légumes. ½ kg de rôti de porc et un demi poulet ne coûte que 4€ ! On comprend ainsi mieux pourquoi un grand nombre d’Américains ont jeté leur sac dans ce coin magnifique perdu dans la jungle. Il n’est pas rare de rencontrer des navigateurs, le plus souvent âgés, dont le bateau n’a plus quitté le rio depuis plus de dix ans !

Poursuivant mon énumération des activités annoncées, je retiendrai la séance hebdomadaire de cinéma qui est organisée le plus souvent à Tortugal marina. Les films sont sous-titrés en anglais ce qui en facilite la compréhension. On réserve sa place par VHF (45 quetzals soit 5€ pour le film, le repas boisson comprise et l’aller-retour en lanchia - ce service est fort apprécié par tous, le rio étant assez inquiétant à pratiquer de nuit tant les autochtones y foncent sans feux de navigation et avec, pour seul moyen de visibilité, une lampe torche !).

Deux fois par semaine, un petit bateau passe à la marina pour l’avitaillement de ceux qui désirent ne pas trop bouger. Bref, une petite vie tranquille bien organisée.

 

Je reprends le clavier quelques semaines plus tard. Le ton change quelque peu car notre chantier s’éternise au point de me rendre quelque peu nerveux ! Les ouvriers guatémaltèques sont gentils, très gentils. A ce propos, on ne peut rien leur reprocher. Ils se précipitent, lors de nos retours de courses à la ville, pour décharger Marjo de tous ses sachets (et oui, ici, on n’est pas encore prêts à renoncer à cette commodité peu écologique que nous recyclons immédiatement en sacs poubelles. Mais bon, ce n’est qu’un pis-aller…). Ils sont toujours prêts à rendre service. Par contre, pour le travail, ils sont d’une lenteur déconcertante. Fort heureusement, ils sont sous contrat et donc, finalement, sont irréprochables car nous ne les rétribuons pas à l’heure (si c’était le cas, je serais au bord de la dépression car ils sont très souvent nombreux à se partager des outils de piètre qualité et à s’entre-surveiller !). Bref, bien que les travaux de rénovation du pont en teck soient en phase finale, les dernières finitions tardent encore. A la décharge des ouvriers, les pluies tropicales arrivent souvent comme des trouble-fête, pour les contraindre à jouer les prolongations !

De mon côté, lorsque le bateau peut rester accessible, les travaux étant suspendus, voire adaptés à ma présence, je me suis attaqué au défi que je me suis lancé de remplacer l’électronique du bord qui, de plus en plus, donnait des signes de fatigue, les bugs succédant aux bugs. Pas très rassurant en navigation. Après une petite vingtaine d’années de bons et, de moins en moins loyaux services, il était temps de tourner la page et d’envisager son remplacement. C’est donc pour cette raison que lors de notre dernier retour, nous avons rencontré, à Arzal (Bretagne) un spécialiste en électronique de marine qui nous a conseillé puis vendu un kit répondant à notre demande et, cerise sur le gâteau, accompagné d’un plan de montage précis qui m’a permis, une fois à bord, de démonter tout l’ancien système B&G Hydra2 (c’est la marque) et de le remplacer par les nouveaux appareils bénéficiant des derniers progrès à savoir du système de communication NMEA 2000 (il s’agit d’une nouvelle norme de transfert de données qui permet d’intercaler des appareils dans le « bus », succession de connexions au sein desquelles circulent les datas en provenance des différents instruments connectés et ce, dans les deux sens). Cela permet de faire évoluer le système sans modifications compliquées au niveau de la centrale, ce qui représentait la plus grosse difficulté auparavant).

Bref, au moment où j’écris ces lignes, le stress de m’attaquer au « déshabillage » de l’ancienne électronique est derrière moi. Tous les anciens fils ont été retirés (ce que les professionnels rechignent à faire et qui complique sérieusement les interventions ultérieures) et les nouveaux appareils sont presque tous en place et connectés exception faite des deux écrans prévus dans le cockpit devant la barre à roue. Un boîtier en teck a été construit et est au stade des finitions (qui durent bien trop longtemps, aussi, à mon goût !)[1]. Encore deux jours de liberté de travailler et l’électronique sera en place. Je vous enverrai des photos de mon organisation électrique. Décelez-vous déjà entre les mots une certaine fierté ? Il m’en est quand même de taire l’aide précieuse apportée par Olivier Cardon[2] qui, malgré le décalage horaire, a répondu avec une précision impressionnante à toutes les questions que je n’ai pas manqué de lui envoyer en cours de réalisation. A aucun moment je n’ai dû patienter. Il a été chaque fois sur la balle. A croire qu’il était sur place !

Bref, la vie suit son cours. Quand nous ne travaillons pas au chevet de notre vieille amie, l’Otter II, nous rencontrons un tas de personnes allant de la « haute en couleurs », vieux hippies venus se perdre ici pour finir leurs jours, à l’Américain de passage (les plus nombreux) ; Canadiens, Français (ils se regroupent dans ce que j’ai appelé le village gaulois, marina gérée par un Français et où l’anglais est pratiqué avec une grande parcimonie !), Allemands, Suisses,… un grand nombre de nationalité se côtoient ; il y a même des Russes qui parlent tellement peu anglais et espagnol que l’on se demandent comment ils ont pu arriver jusqu’ici d’une part et surtout, ce qu’ils sont venus faire car, a contrario de la plupart, ils sont relativement jeunes[3]

Hier soir, tournoi de Trivial Pursuit. On fait des groupes. On mange un plat unique et c’est parti ! A notre table un couple d’Australiens, un américain, un canadien et un couple de Belges (nous). On s’est classé 2èmes . Le meilleur cours d’anglais jamais reçu mais était-ce un cours ? Vraiment… De telles mises en situation à l’athénée m’auraient tant fait gagner du temps plutôt que de me le faire perdre en versions et thèmes de textes dénués d’intérêt !

 

La saison des cyclones touchant à sa fin, nous assistons à de nombreux départs, ceux des optimistes qui se disent que ça n’arrivera pas. C’est ce que nous leur souhaitons en les enviant quand même un peu car ils s’en vont avec leur bateau en ordre. Ils prennent le vent. Ils redeviennent libres d’aller ou bon leur semble. Les reverrons-nous ? Peut-être… le monde est si petit ! Quant à nous, nous garderons encore quelques semaines le statut de petites abeilles pour finir la préparation du bateau qui avait bien besoin d’un bon « lifting ».

Décision a été prise de reporter Panama à la saison prochaine. Cela nous permettra de tester et de mettre au point notre nouveau matériel (l’électronique et le remplacement de notre mâtereau support d’éolienne par un portique en inox qui recevra 4 panneaux solaires, de quoi augmenter notre autonomie et nous permettre d’alimenter le désalinisateur que nous prévoyons d’emporter dans le Pacifique). En janvier, nous reprendrons la mer pour une courte saison de voile/plongées au Belize, à Cozumel, aux îles Caïman et retour peut-être par la Jamaïque et les îles du Honduras… En attendant, au boulot !

 

 

 

[1] Rappel : on est au Guatemala !

[2] Olivier CARDON

E 3 MARINE

Mob. 06 27 19 40 00

Fax.  09 60 13 99 97

oliviercardon@e3marine.fr

[3] Le sous-sol guatémaltèque étant assez riche en minerais précieux dont des Russes ont déjà tenté une exploitation, peut-être leur présence dénonce t-elle une velléité de come back ? Difficile de s’en assurer (cfr méconnaissance de l’anglais).

11/10/2016

sillage 2014-2015-2016

Sillage 2014-2015-2016

 

Annapolis (USA) – Baltimore – Georgetown (Bermudes) – Norfolk – York River – Gloucester Point– Norfolk - Hampton – Coin Jack – Aligator River – Pongo River – South River – Morehead – Beaufort – Wrightville – Little River (Mythel Beach – St Augustine via St John inlet – Green Turtle Cay (BAHAMAS) – Marsh Harbour – Eleuthera Island (Hatched Bay) – Rocksand – Georgetown – Santiago de Cuba (CUBA) – Cienfuegos – Cayo Media Luna – Cayo Playa Honda – Cayo Cuervo – Cayo Breton – Cienfuego – Cimentero (MEXIQUE) – Puerto Morelos (Cozumel) – Livingstone (GUATEMALA) - Rio Dulce. Monkey Bay Marina (Fronteras).

18:20 Écrit par Otter2 dans Journal de bord, Sillages | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

11/04/2016

L'Otter II chez les Mayas

Après nous être régalés des fonds sous-marins de Cozumel au cours de quatre plongées dont deux dérivantes à nous donner le tournis tellement ça allait vite, nous nous sommes mis en route vers le Sud avec pour objectif de nous octroyer une petite halte sur l’atoll Banco Chinchorro.G1020651.jpg Distant d’une centaine de milles, nous pensions, en partant en début d’après-midi, naviguer la nuit et y jeter notre ancre le lendemain dans la matinée, voire début d’après-midi. Au moment où j’écris ces lignes, nous sommes à une quinzaine de miles de cet atoll qui s’est fait désirer toute la journée et a poursuivi ses caprices pendant toute la nuit ou presque. Nous nous en approchons à une vitesse moyenne sur la surface de 150 MN/jour ce qui n’est pas mal du tout ! Je connais des voiliers beaucoup plus grands qui ne font guère mieux ! Ce n’est malheureusement pas parce que notre moyenne sur la surface est bonne que nous progressons sur le fond ! Il faut compter sur le courant qui ne se limite pas à Cozumel mais persiste selon le guide de Freya Rauscher jusqu’au sud du Banco Chichorro que nous approchons lentement mais sûrement. Nous l’atteindrons fort probablement alors que le jour ne sera pas encore levé ce qui nous empêchera d’y pénétrer (Il est fortement déconseillé d’entrer de nuit dans un atoll). Après avoir profité de ce courant en plongée, celui-ci s’est retourné contre notre progression vers le sud. Si nous ne doutions pas qu’il faudrait compter avec lui, nous en avions sous-estimé la force car voilà plus de 36 heures que nous n’avons pas dépassé la vitesse sur le fond de maximum 4 nœuds. Le plus souvent même, alors que sur la surface, notre speedo grimpait à 7 nœuds, notre vitesse fond restait inexorablement basse, descendant même parfois à 2,5 nœuds !

Mais pourquoi s’en plaindre ? Le temps est magnifique. Pendant la journée, le soleil brille de tous ses feux avec seulement quelques nuages pour égayer le ciel. La nuit, alors que la lune n’est pas encore levée, la nuit nous offre de spectaculaires moments de méditation car sous de pareils cieux, comment ne pas se demander encore et encore :  « Mais qui sommes-nous ? Quelle est la raison de notre présence dans cette immensité céleste infinie ? ». Ce qui est certain, c’est que nous ne sommes pas nombreux à nous poser la question car, depuis notre départ de Cozumel, nous n’avons croisé qu’un seul « loveboat » se découpant sur l’horizon tel un gigantesque sapin de Noël. Il est vrai que si tous ses passagers regardaient le ciel en même temps que nous, cela fait déjà plus de monde ! Mais le font-ils seulement ? Nos vies sont tellement différentes…

Nous quittons donc le Mexique avec le sentiment de nous être bien imprégnés de l’esprit Maya. DSC08191.jpgD’abord en revisitant Chichen Itsa. Il y a une vingtaine d’années, nous avions découvert en famille le Yucatan au cours d’un merveilleux séjour dont tous gardent un excellent souvenir. C’est ainsi que nous avions escaladé la pyramide de Chichen Itsa avec nos enfants (cette escalade est désormais interdite !). Nous avons ensuite visité le site moins connu mais récemment découvert et ouvert au public de EK Balam dont les fresques et la pyramide nous ont fortement impressionnés. Mais au-delà de ces clichés touristiques non moins intéressants comme tels, nous avons rencontré des gens merveilleux en sortant des sentiers battus et visitant de petits villages au sein desquels vivent encore dans des cases des Mayas restés fidèles à leurs coutumes et traditions. Nous les avons vus préparer les tortillas (Marjo s’y est exercée à l’invitation des femmes ayant remarqué son intérêt)que nous avons dégustées comme eux, à la main, chargeant ces délicieuses petites crêpes des différents ingrédients composant notre plat : poisson ou viande grillée, l’éternel guacamol dont nous avons goûté la diversité des recettes (chacun préparant le sien !), la salade de tomates découpées en tout petits cubes et délicieusement assaisonnée… Nous les avons observées, ces femmes Mayas, tissant inlassablement de générations en générations, les mêmes hamacs aux couleurs chatoyantes qui sont vendus aux touristes. Au détour d’une route, perdue dans la jungle, nous sommes allés nous baigner dans une des nombreuses cénotes G0130315.jpgdont certaines sont exploitées et donc payantes et très fréquentées. Vous aurez compris que nous avons trouvé mieux. Nous y sommes descendus comme des invités à se baigner dans la piscine du village où seuls quelques Mayas s’ébrouaient. Quelle fraîche parenthèse dans ce trou de verdure protégé du soleil et quelle surprise également de constater que beaucoup de baigneurs portaient des gilets de sauvetage. Manifestement, ils ne savaient pas nager ! Ce n’est pas à Cuba que nous aurions pu voir cela car là-bas, ils ont des piscines, des écoles, la jeunesse est prise en charge. Elle a droit à l’éducation. Quel contraste ! Notre voyage nous emmène d’étonnement en étonnement et celui-ci n’est que l’un d’entre eux. Nous apprendrons que beaucoup de femmes Mayas sont analphabètes.

Marjo s’ingénie à trouver des chemins de traverses à notre voyage qui n’en est que plus agréable chaque jour. Tournée vers les autres, elle exploite sans relâche son don des langues pour entrer en contact avec les gens, les comprendre, se faire apprécier d’eux. L’autre jour, elle me disait se considérer vraiment comme trilingue, comme si j’en avais jamais douté ! Elle a progressé en anglais à un point tel qu ‘elle le pratique de manière presqu’aussi fluide que le néerlandais. Quant à moi, le voyage me fait rattraper le temps perdu à l’école à me dégoûter d’apprendre les langues étrangères. Certes, tout n’est pas perdu !DSC08391.jpg Je n’appréhende plus les soirées fatigantes où les conversations sont exclusivement en anglais et où, l’an passé, je ne comprenais rien du tout ou presque ! Maintenant, je participe et si, bien-sûr, je calle à certains moments, un petit aparté en français avec Marjo me remet vite sur les rails. C’est aussi cela le voyage : une perpétuelle mise en situation d’apprentissage. Marjo a déjà tourné la page de l’anglais pour se consacrer à l’espagnol. Elle progresse de jour en jour, discutant les prix avec les taxis et les commerçants qu’elle s’emploie à faire comprendre que nous ne sommes pas nés de la dernière pluie, remplissant nos formalités administratives avec les autorités maritimes mexicaines qui semblent ignorer parfaitement la langue des gringos, ainsi que la possibilité qu’une femme soit capitaine d’un bateau !

Avec l’entrée dans le Rio Dulce, notre voyage va s’orienter vers l’organisation de notre retour en Europe. Il nous faut trouver une marina qui pourra sortir le bateau de l’eau et le mettre à l’abri. Des travaux sont prévus comme l’installation de nos quatre panneaux solaires achetés aux Etats-Unis mais non encore installés, le remplacement de la capote qui porte fièrement toutes les réparations, véritables cicatrices de l’usure du temps qui passe trop vite (déjà plus de vingt ans que l’Otter II accompagne nos errances marines !), etc. Des contacts sont déjà pris, des tas de renseignements sont à notre disposition à travers les écrits d’amis-bateaux qui nous ont décrit leur expérience là-bas…

Il est maintenant presque 7h00. Marjo a encore droit à une heure de sommeil. Je vais préparer le thé. Notre vie à bord est ainsi faite de ces petites routines qui font de notre vie de marins celle qu’on aime. Parfois aussi, de surprenantes rencontres : hier en fin d’après-midi,DSC08405.jpg deux hirondelles semblant épuisées nous ont rendu visite, utilisant l’Otter II comme plate-forme de repos…

Le soleil éclaire maintenant l’océan depuis une bonne demi-heure et vient de se lever derrière des nuages de beau temps au travers desquels les rayons solaires se faufilent faisant apparaître les fameux pieds du vent chers aux Madelinots. Nous sommes arrivés à la latitude de Banco ChinChorro mais avons décidé de poursuivre notre route. Il ne faut pas rater notre rendez-vous avec la marée qui nous permettra de faire glisser notre quille par-dessus la passe d ‘entrée du Rio.

Et moi, j’écris

(à suivre…) en me félicitant d’avoir passé une partie de mon quart en votre compagnie.DSC08435.jpg