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22/10/2013

Spanish Water octobre 2013

Ce mardi 22 octobre 2013.

 

Cette petite note pour donner des nouvelles à tous ceux qui se demandent ce que nous faisons car il est vrai qu’il y a plusieurs semaines que nous ne naviguons pas alors que notre bateau est de nouveau à flot.

La raison de cette attente réside dans nos problèmes de guindeau (cabestan destiné à remonter l’ancre). Il a d’abord fallu diagnostiquer les problèmes qui provoquaient le déclenchement intempestif du fusible de protection à chaque utilisation et de façon de plus en plus fréquente. Ce guindeau a donc été démonté dans un premier temps et il s’est avéré que l’accumulation de gros problèmes tant mécanique que électrique l’avait rendu irréparable. Il est vrai que ce guindeau était déjà très âgé et qu’étant prévu sans entretien, il n’a pas été possible, en l’entretenant convenablement, de lui prolonger la vie. 27 ans, c’est quand même pas mal ! Bref, nous étions donc dans l’obligation de le remplacer. Nous en avons donc commandé un neuf qui a dû arriver à bon port ce qui a pris du temps ! Nous l’avons maintenant à bord et il reste à l’installer ce qui n’est pas sans difficultés car, comme on pouvait s’y attendre, il nous a été impossible d’en retrouver un qui s’installerait en utilisant les anciens points d’ancrage. Une plaque intermédiaire en inox doit donc encore être découpée sur mesures. Cela fait partie du programme de la journée de demain… Nous ne sommes donc pas encore partis vers l’Est comme prévu mais nous ne désespérons pas. Les choses devraient, en principe, s’accélérer. Pas de regrets cependant car pour faire de l’Est, il faut attendre une fenêtre météo sans «trade winds» qui continuent à alimenter notre éolienne sans s’essouffler !

 

Pour parler de notre vie au quotidien sur ce splendide plan d’eau protégé qu’est Spanish Water, je dirai que les jours se suivent et se ressemblent un peu sous un soleil de plomb fort heureusement atténué par cet Alizé qui tente de rafraîchir l’atmosphère. On s’habitue donc à cette chaleur, il faut bien le dire, pas trop humide et relativement agréable à l’ombre de notre pare-soleil dont nous ne pourrions nous passer et que nous avons tendu au-dessus du bateau. Un plus non négligeable est qu’il n’y a pas de moustiques !

Nous nous levons au « sunrise » et déjeunons d’un yoghourt au musli  additionné de quelques fruits secs et confits. C’est super bon et facilite notre retour à une ligne décente que notre vie européenne nous avait bien vite fait oublier !

A 09h45, un bus gratuit vient chercher les plaisanciers désireux de compléter l’avitaillement du bateau. C’est le petit malin de directeur du supermarché local qui met ce bus à la disposition des équipages et, au vu de sa régulière fréquentation, c’est, comme je l’écrivais plus haut, un petit malin ! Bref, c’est devenu l’endroit où l’on cause. On y fait toutes sortes de rencontres et dès le départ du car, celui-ci se transforme en véritable tour de Babel : on y parle français, néerlandais, anglais et allemand. Le trajet dure un petit quart d’heure et chacun s’en va, comme le disent nos amis canadiens, magasiner. Ceux qui sont moins concernés par ces courses, dont je suis le plus souvent, peuvent se rendre à la cafétéria où le wifi, comme le café (vous avez bien lu) sont gratuits.

11h00 : tout ce petit monde attend le car et y remonte chargé de tout le nécessaire et même du superflu. Nous y allons presque tous les jours, ne fut-ce que pour y acheter toute l’eau que nous buvons à longueur de journée pour éviter la déshydratation. Non loin de ce supermarché, on trouve toutes sortes de magasins d’accastillage, de pièces pour autos, quincaillerie et autres services comme une laverie par exemple. Tous ces commerçants sont d’une amabilité incroyablement agréable. Les autochtones sont presque tous multilingues (papiamento, néerlandais et espagnol, anglais pour certains). De quoi faire bien réfléchir tous les responsables de l’apprentissage des langues en Wallonie.

Revenus à l’embarcadère où nous avons laissé notre annexe (cadenassée car les vols ici ne sont pas rares), nous communiquons avec l’Europe par courriels et parfois par Skype puis nous revenons au bateau pour poursuivre notre journée qui consiste le plus souvent en entretien du bateau (il y a toujours bien une pompe à nettoyer, des toilettes à entretenir, des vernis à rénover,…). Le reste du temps, nous lisons beaucoup, Marjo sur son inséparable iPad et moi, plus classique, sur les derniers livres papier du bord que nous échangeons volontiers avec d’autres plaisanciers francophones. De temps en temps, au fil des relations que nous tissons avec nos voisins de mouillage, nous participons à des apéros à notre bord ou à celui de ceux qui ont eu la gentillesse de nous inviter. Ces apéros débutent le plus souvent au coucher du soleil et se terminent très raisonnablement vers 21h30/22h00. Les soirées que nous passons nous deux à bord sont occupées par la lecture dont Marjo fait une véritable boulimie (à croire qu’elle rattrape le temps perdu) et par des soirées cinéma, ce que je préfère.

Je terminerai cette note en relevant la serviabilité, la solidarité, la disponibilité de certains « amis-bateau » comme je les appelle. Ils se coupent en quatre pour vous rendre service, vous informer, voire venir à votre bord pour dépanner votre groupe électrogène, ce qui est effectivement arrivé. A leur contact, nous apprenons un tas de choses. Nous sommes à l’école de la vraie vie, celle de la débrouille et de l’apprentissage de l’autonomie car quand on a démonté et nettoyé devant moi un carburateur, il ne faut pas le faire deux fois ! J’ai compris la leçon et emmagasiné une nouvelle compétence. Mes amis pédagogues auront compris que c’est à eux que je pense en rédigeant cette dernière phrase.

Ha, j’oubliais : ici, en papiamento, ma douce se dit « douchi ». C’est le nouveau petit nom gentil dont j’ai affublé Marjo qui en est ravie.

 

(à suivre)

28/09/2013

Où sommes-nous ?

Picadeira Bay.jpgPerchés sur notre bateau posé sur sa quille et bien qu'il nous reste encore un tas de choses à faire, nous nous impatientons. Notre remise à l'eau est prévue pour lundi. Hier, nous avons briqué le pont et nous sommes occupés des inox qui, ici, comme la saison passée, soufrent beaucoup. L'air est chargé de substances parfois très odorantes rejetées dans l'atmosphère par la raffinerie toute proche. Peut-être est-ce cela qui s'attaque aux métaux. En tout cas, nous nous réjouissons de ne plus le respirer. La saison passée, nous étions dans le même état d'esprit. Bientôt, ce ne sera plus qu'un mauvais souvenir. A l'heure où  j'écris ce petit rapport (09h20), malgré un Alizé soutenu de 20-25 noeuds qui rafraîchit l'air, celui-ci reste chaud. Très chaud. Saharien ! Impossible de se balader au soleil sans se protéger. T-shirt, chapeau, lunettes solaires incontournables ! Je vous assure et ce n'est pas pour me plaindre car je m'adapte mais il fait vraiment très chaud. (A me lire, commencez-vous à transpirer ? Ne vous inquiétez pas c'est l'effet recherché. Je suis très partageur ;-)

Donc, nous allons intelligemment attendre que le soleil soit quelque peu descendu sur l'horizon (environ 16h00) pour pointer notre nez dehors et poursuivre notre travail sur Otter II. Je dois monter au sommet du mat pour le nettoyer en redescendant pendant que Marjo poursuivra la remise en état des chandeliers et autres pièces métalliques comme les manches à air. En attendant, je rédige du courriel, et joue mon fan de FB. Je cours aussi visiter les sites de bateaux amis pour avoir des nouvelles. Bref, je me mets en stand-by. Marjo est dans le même état avec son iPad. Difficile de dire si elle lit ou si elle communique. Ici, on profite d'une excellent connexion pour prolonger un peu le plaisir d'Internet en sachant très bien que cela ne durera pas. 

Question santé, tout va bien si ce n'est que les kilos accumulés en Europe se font bien sentir par cette chaleur et l'essoufflement est bien vite au rendez-vous ! Cela ne durera pas car j'ai l'impression de vivre une fonte systématiquement entretenue, et par le soleil, et par Marjo qui nous a remis au régime croisière c'est-à-dire délicieux mais frugal. A bientôt les photos pour le résultat. Pour l'instant il n'y a rien à voir !...

 

21/09/2013

21 septembre 2013 : états d'âme

Ce samedi 21 septembre 2013.

 

C’est parti. Nous sommes dans le train entre Liège, ma bonne ville que j’aime tant , et Bruxelles. Je suis assis par terre dans le sas d’entrée car le train est bondé. Je vois défiler à travers la vitre de la portière, le paysage hesbignon dont je m’imprègne une dernière fois avant longtemps. J’ai l’âme en deuil de mes chers enfants et petits-enfants, de mes si généreux beaux-parents et de mes si gentilles belle-sœurs venues spécialement de Madrid pour nous dire au revoir. Ma fille était sur le quai et avait l’air un peu perdue. Et moi, retenant mes larmes, je ne valais pas mieux… Le paysage défile. Je regarde Marjo qui est déjà dans le voyage, toute préoccupée qu’elle est de ne pas se tromper dans l’imbroglio de correspondances imposées aujourd’hui par des travaux sur les voies ferrées de Maastricht. Car nous allons rallier Schipol  via Bruxelles, Anvers, Rosendaal. Une nuit à l’hôtel puis un bond jusque Aruba et enfin Curaçao. Pendant ce temps, mon fils Julien s’envolera pour la Chine ! Je pense qu’avant que l’on se rapproche par l’ouest, nous n’aurons jamais été aussi éloignés l’un de l’autre.

Et tous nos chers amis et amies . Combien de temps allons-nous être privés de leur fraternelle amitié ? Nous ne le savons même pas nous-même. Le voyage est ainsi fait de surprises et de rebondissements qui nous forcent à nous adapter, à effectuer des choix et à glaner tout au long du chemin, toutes informations propices à orienter ceux-ci.

Quand reviendrons-nous au pays ? Ce troisième départ est, pour moi, plus difficile que les autres. Il arrive alors que tous nos parents et amis ainsi que nous-même, partons avec l’expérience, non pas des deux précédents départs mais plutôt du vécu des  deux longues périodes précédentes de séparation. Seule la découverte de nouveaux paysages, de nouveaux visages, de nouvelles rencontres nous console de cette douloureuse séparation.

Bruxelles. On vient de changer de train. Nous sommes assis et mon spleen se dissout lentement dans ce voyage dans lequel mon esprit s’installe. De nouveau en projet, je pense à notre arrivée et au travail de préparation du bateau qui nous attend. Je pense à nos amis hollandais du Betty Boop, que nous allons retrouver effondrés à Spannish Water (splendide mouillage de Curaçao). Ils ont été touchés par la foudre et toute l’électronique ainsi que l’électricité du bateau est HS. Hormis le coût financier, il y a le coup au moral. Leur mésaventure fait partie de nos doutes. Cela peut aussi nous arriver. Ayant déjà été foudroyés il y a des années dans le port des Minimes à La Rochelle, peut-être avons nous statistiquement moins de chance que cela se reproduise. C’est sans compter que la foudre frappe au hasard et nul n’est à l’abri. On ne peut que croiser les doigts.

Nous voilà donc vraiment en route, confortablement assis cette fois dans une voiture de chemin de fer presque neuve, donc ultra moderne. Nos amis flamands seraient-ils privilégiés ? En bon Wallon, je me pose la question. Mais c’est certainement encore le hasard qui est seul responsable. Soyons-en persuadés et contentons-nous d’en profiter !

(à suivre)