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24/07/2014

Découverte de l'Amérique

Rapport de mer III.14.a

 

Première partie : découverte de l’Amérique

 

Avant notre appareillage vers le Canada, mon beau-père, Peter, nous faisait remarquer qu’il y avait bien longtemps que nous n’avions donné de nos nouvelles à nos amis c’est-à-dire toutes celles et ceux qui se sont inscrits sur la liste de diffusion des nouvelles de l’Otter II qu’utilise Peter pour faire suivre mes petites bafouilles dont j’espère vous régaler. La raison en est les conséquences impromptues du remplacement obligatoire de notre radar et le changement consécutif à notre programme de navigation. Fini les Bermudes, bonjour les States plus tôt que prévu. Et c’est là que l’enchantement de ce pays mythique et de ses habitants nous a saisi le cœur et nous a quelque peu éloignés des préoccupations faisant partie de notre quotidien depuis maintenant presque trois ans à savoir rédiger ce que j’ai appelé les rapports de mer puis forcément, de terre/mer.

Deux rencontres importantes nous ont aidé à découvrir ces USA pour lesquels nous n’étions pas préparés puisque nous ne comptions y entrer qu’après notre expérience canadienne. Donc, pas trop de documents nautiques pour les atterrissages si ce ne sont ceux gratuits que nous pouvons télécharger sur le Net. Nous étions à l’affût d’infos et les rencontres, comme je l’écrivais plus avant ont été vraiment déterminantes. Croisés à Rum Cay alors qu’ils se baladaient en vélo, il y eut Don & Lavone Joyce de Cat’s Meow (superbe catamaran). D’une gentillesse incroyable, ils nous invitèrent à leur bord en vue de combler toutes nos interrogations concernant l’atterrissage dans leur grand et beau pays. Ensuite, à Georgetown, dans les Bahamas, nous les retrouvâmes au mouillage et fûmes invités à participer à un apéritif dînatoire à l’américaine où nous rencontrâmes notamment leurs amis Bo & Joyce Chesney de Dream Catcher (Bénéteau 49) avec qui le courant passa immédiatement ce qui entraîna une nouvelle invitation à souper à leur bord. C’est fou comme lorsque l’on sait que les moments de partage sont courts, les initiatives d’invitation se multiplient. A croire que l’on redoute de ne pas pouvoir, faute de temps, créer ces moments magiques de rencontres à la découverte de l’autre. C’est un peu le souci de faire bon accueil à l’étranger voyageur. Nous devions absolument quitter Georgetown (pour la commande de notre nouveau radar) et avons donc pris congé sans avoir pu rendre l’invitation à nos deux couples de nouveaux amis bateau. Pour ne pas être en restes, Marjo leur partagea un pain fait maison ce qui représenta pour eux un véritable cadeau de roi ! Nous étions munis des renseignements nous rassurant sur l’endroit où nous pouvions faire notre entrée aux USA sans trop devoir affronter l’inconnu de l’ICW (intercoastal waterway) dont la réputation de « shallow water » nous inquiétait. Une fois les formalités accomplies, nous reprîmes la mer pour retrouver Dream Catcher à  Myrtle Beach yacht club (Caroline du S) où nos amis Bo & Joyce nous attendaient. Ils avaient réservé pour nous un emplacement à côté du leur, loué une voiture pour un mois et nous en firent bénéficier au-delà de nos espérances, se transformant en véritables guides pour notre découverte de la terre de l’Oncle Sam. Deux week-end très pittoresques en événements nous ont montré l’Amérique des super bikers : le premier rassembla à Myrtle Beach 300 000 (trois cent mille !) motards fans de James Deam et des Harley Davidson. Un événement d’un pittoresque incroyable, les propriétaires de ces splendides et onéreuses machines, venus des quatre coins des Etats-Unis, se déguisant pour la concentration  en rockers fous de chromes, de décibels noblement produits par ces mécaniques de rêve. Une remarque en passant : peu de noirs présents à cette concentration à l’opposé du w-e suivant qui rassembla autant de noirs qu’il semblait posséder une moto aux USA. Il y en avait partout et quand je dis partout, c’était bien évidemment sur la route mais aussi sur les parkings des grandes surfaces, dans les stations-services, les parkings des restaurant, bref une concentration de population inimaginable en Europe ! Des motos néanmoins fort différentes. Des attitudes aussi. Des weelings impressionnants au démarrage n’étaient pas rares du tout. Des filles tatouées aux fesses rebondies perchées derrière leur conducteur préféré tout aussi tatoués qu’elles et vêtus d’habits rappelant le film des black angels. Les motos de grosses cylindrées pour la plupart japonaises brillaient plus par leur puissance et les décibels produits que par la qualité des chromes moins bien entretenus. Il est vrai que ces motos n’ont pas le même panache que les Harley et autres grandes routières. Les philosophies des bikers sont diamétralement opposées. Pas besoin de recevoir un dessin. La chose est on ne peut plus claire ! Ce w-e là, il y eut quatre morts par balles durant la nuit. Cela aussi, c’est l’Amérique… J’oubliais de signaler que les casques et autres vêtements de protection semblaient être complétement ignorés !

Nous voilà donc ayant découvert avec Bo & Joyce les petits déjeuners américains, les supermarchés immenses, les centres commerciaux gigantesques où par comparaison, notre Belle-île fait figure de superette, les restaurants de hamburgers (délicieux force est de le constater en comparaison de la m… servie dans les Mac Do et Quick de notre pauvre Europe !), les habitudes américaines comme, main gauche sous la table et ne se servir que de sa fourchette pour manger (pour avoir essayé, je trouve que ce n’est pas évident et je leur reconnais une habileté certaine à cet exercice !) ou encore, pendant le repas, ne boire que de l’eau ou du cola dans des verres d’un demi-litre remplis de glaçons ou encore la façon de se faire un hug sans bisous ou rester debout pendant un fort long temps avant d’inviter les invités à s’asseoir, ou encore se servir seul de vin à table mais uniquement après le repas, au dessert, ou encore, ou encore,… Je pourrais prolonger la liste de mes surprises à l’envi tant ce pays et ses habitants se sont éloignés de la société européenne dont ils sont originaires. Le moins que l’on puisse dire est qu’ils sont déconcertants… Notre chance fut d’être invités à fêter le memorial day en famille avec de bons amis de Bo & Joyce. Nous découvrîmes ainsi comme si nous en faisions partie tant l’accueil fut chaleureux, la vie d’une famille américaine au quotidien ou presque.  J’ajouterai que ces américains sont extraordinairement communicatifs, s’adressant la parole sans raison apparente lors d’une rencontre fortuite dans la rue ou au restaurant, se coupant en quatre pour répondre à vos demandes d’information, s’intéressant sincèrement à vous en vous demandant d’où vous venez, par exemple en comptabilisant vos achats à la caisse. Les exemples vécus ici peuvent déjà se multiplier à l’infini. 

Ce premier contact avec les States eut aussi pour cadre le festival annuel dédié au véritable culte que le folklore local accorde à la pêche et à la dégustation du crabe bleu. Nous nous y sommes rendus en compagnie de Bo et Joyce. Outre la dégustation de cet excellent crustacé et de spare ribs inoubliables tant ils étaient énormes, cette manifestation populaire nous plongea au cœur d’un échantillon très représentatif de la  population américaine. De l’ouvrier au fonctionnaire en passant par le cadre, le chef d’entreprise,… tout ce monde était là réuni dans une kermesse familiale de laquelle émanait une certaine joie de vivre habituelle dans ce genre de réunion où l’on vient pour se détendre, se changer les idées, profiter du week-end et rencontrer parents et amis. Curieusement – c’est mon ressenti – à cette impression d’ensemble s’est ajoutée celle que m’ont faites diverses images en relation avec l’activité militaire de ce pays qui, a contrario du notre, rappelle, par petites touches çà et là, l’idée que l’Amérique est en guerre perpétuelle. Des anciens du Vietnam et autres conflits armés ayant pris à la nation sa contribution en fils sacrifiés pour la défense d’une certaine démocratie récoltent des fonds pour leurs invalides, pour la réinsertion problématique de certains soldats démobilisés ou ayant fait leur temps en première ligne… Je me suis dit en croisant  dans la foule des témoins de cette dure réalité, que j’avais de la chance d’avoir un vécu à l’abri de la guerre et de ses souffrances. Et que nous, en Belgique pour ce qui est de mon expérience, nous ne nous réalisions pas l’Amérique comme un pays en guerre, ce qui est pourtant la triste réalité que je ressentais là-bas, en déambulant dans la foule…

Pendant toutes ces découvertes, nous avons commandé, réceptionné et installé notre nouveau radar Furuno 1715, le plus simple, le plus économe en énergie électrique. Il ne nous importe guère de savoir si le mobile qui va nous éperonner est en couleur ou en noir et blanc. Savoir qu’il arrive sur nous est le principal afin de pouvoir l’éviter. Bien que cela paraisse évident, il est peu aisé de résister aux arguments de vente de modèles plus complexes et donc plus chers mais pas nécessairement moins gourmands en électricité. Le gadget se paie et à l’usage maintenant que j’ai passé trois nuits de surveillance avec ce nouvel outil, je nous félicite d’avoir effectué ce choix raisonnable. Il est simple, efficace, beaucoup plus fiable que l’ancien en matière de veille et moins gourmand en électricité (fin de l’épisode radar).

Me voilà donc en train d’écrire cette bafouille alors que nous venons de déguster un excellent dîner confectionné avec joie et amour par une Marjo fort heureuse d’avoir récupéré ses potentialités culinaires. Il faut bien dire que celles-ci deviennent limitées dès que le vent monte à 7, 8 Beaufort ce qui s’est passé jeudi, ce que nous avions raisonnablement accepté.

Raconter notre rencontre avec le mauvais temps sans inquiéter nos lecteurs représente un vrai défi que je vais tenter de relever. Analysant les prévisions météorologique depuis notre arrivée à Myrtle Beach, je me suis rendu compte qu’un chapelet de dépressions émergeait du continent américain et se dirigeait inexorablement vers le NE se renforçant le plus souvent au-dessus de l’océan. Cela donne des vents du SO, S puis SE si on se réfère aux situations possibles quand on se trouve au S de la dépression. L’une d’entre elles se renforça tant et si bien sur l’Atlantique après être passée chez nous qu’elle provoqua la perte d’un équipage britanique et celle du bateau de français qui eurent la chance d’être récupérés par un navire espagnol. Celui-ci fut fort efficacement guidé par les coast guards américains ayant effectué un travail de suivi d’un appel de détresse remarquable. C’est dire si j’étais attentif à comparer les situations entre elles pour être certain de prendre la bonne décision. C’est ainsi qu’une évidence est née qu’il ne serait pas possible, à cette saison de trouver une météo qui nous donne une bonne brise de S, voire SE pour nous pousser au Canada sur une voie royale. La décision de partir relevait donc du compromis dans le domaine duquel la Belgique s’est taillée une belle réputation. C’est donc dimanche passé que les météos à 7 jours de la NOAA (organisation américaine fournissant gratuitement d’excellentes prévisions) me permirent d’entrevoir une fenêtre météo négociable. Il fallait se faufiler derrière une dépression, en subir la queue pour finir le parcours dans les aléas de vents variables et faibles d’une haute pression s’installant sur le S  du Canada. C’est ce que nous fîmes. Le récit de ce début de traversée fera partie de la seconde partie de ce rapport. (à suivre)

 

 

 

Découverte de l'Amérique

Première partie : découverte de l’Amérique Avant notre appareillage vers le Canada, mon beau-père, Peter, nous faisait remarquer qu’il y avait bien longtemps que nous n’avions donné de nos nouvelles à nos amis c’est-à-dire toutes celles et ceux qui se sont inscrits sur la liste de diffusion des nouvelles de l’Otter II qu’utilise Peter pour faire suivre mes petites bafouilles dont j’espère vous régaler. La raison en est les conséquences impromptues du remplacement obligatoire de notre radar et le changement consécutif à notre programme de navigation. Fini les Bermudes, bonjour les States plus tôt que prévu. Et c’est là que l’enchantement de ce pays mythique et de ses habitants nous a saisi le cœur et nous a quelque peu éloignés des préoccupations faisant partie de notre quotidien depuis maintenant presque trois ans à savoir rédiger ce que j’ai appelé les rapports de mer puis forcément, de terre/mer. Deux rencontres importantes nous ont aidé à découvrir ces USA pour lesquels nous n’étions pas préparés puisque nous ne comptions y entrer qu’après notre expérience canadienne. Donc, pas trop de documents nautiques pour les atterrissages si ce ne sont ceux gratuits que nous pouvons télécharger sur le Net. Nous étions à l’affût d’infos et les rencontres, comme je l’écrivais plus avant ont été vraiment déterminantes. Croisés à Rum Cay alors qu’ils se baladaient en vélo, il y eut Don & Lavone Joyce de Cat’s Meow (superbe catamaran). D’une gentillesse incroyable, ils nous invitèrent à leur bord en vue de combler toutes nos interrogations concernant l’atterrissage dans leur grand et beau pays. Ensuite, à Georgetown, dans les Bahamas, nous les retrouvâmes au mouillage et fûmes invités à participer à un apéritif dînatoire à l’américaine où nous rencontrâmes notamment leurs amis Bo & Joyce Chesney de Dream Catcher (Bénéteau 49) avec qui le courant passa immédiatement ce qui entraîna une nouvelle invitation à souper à leur bord. C’est fou comme lorsque l’on sait que les moments de partage sont courts, les initiatives d’invitation se multiplient. A croire que l’on redoute de ne pas pouvoir, faute de temps, créer ces moments magiques de rencontres à la découverte de l’autre. C’est un peu le souci de faire bon accueil à l’étranger voyageur. Nous devions absolument quitter Georgetown (pour la commande de notre nouveau radar) et avons donc pris congé sans avoir pu rendre l’invitation à nos deux couples de nouveaux amis bateau. Pour ne pas être en restes, Marjo leur partagea un pain fait maison ce qui représenta pour eux un véritable cadeau de roi ! Nous étions munis des renseignements nous rassurant sur l’endroit où nous pouvions faire notre entrée aux USA sans trop devoir affronter l’inconnu de l’ICW (intercoastal waterway) dont la réputation de « shallow water » nous inquiétait. Une fois les formalités accomplies, nous reprîmes la mer pour retrouver Dream Catcher à Myrtle Beach yacht club (Caroline du S) où nos amis Bo & Joyce nous attendaient. Ils avaient réservé pour nous un emplacement à côté du leur, loué une voiture pour un mois et nous en firent bénéficier au-delà de nos espérances, se transformant en véritables guides pour notre découverte de la terre de l’Oncle Sam. Deux week-end très pittoresques en événements nous ont montré l’Amérique des super bikers : le premier rassembla à Myrtle Beach 300 000 (trois cent mille !) motards fans de James Deam et des Harley Davidson. Un événement d’un pittoresque incroyable, les propriétaires de ces splendides et onéreuses machines, venus des quatre coins des Etats-Unis, se déguisant pour la concentration en rockers fous de chromes, de décibels noblement produits par ces mécaniques de rêve. Une remarque en passant : peu de noirs présents à cette concentration à l’opposé du w-e suivant qui rassembla autant de noirs qu’il semblait posséder une moto aux USA. Il y en avait partout et quand je dis partout, c’était bien évidemment sur la route mais aussi sur les parkings des grandes surfaces, dans les stations-services, les parkings des restaurant, bref une concentration de population inimaginable en Europe ! Des motos néanmoins fort différentes. Des attitudes aussi. Des weelings impressionnants au démarrage n’étaient pas rares du tout. Des filles tatouées aux fesses rebondies perchées derrière leur conducteur préféré tout aussi tatoués qu’elles et vêtus d’habits rappelant le film des black angels. Les motos de grosses cylindrées pour la plupart japonaises brillaient plus par leur puissance et les décibels produits que par la qualité des chromes moins bien entretenus. Il est vrai que ces motos n’ont pas le même panache que les Harley et autres grandes routières. Les philosophies des bikers sont diamétralement opposées. Pas besoin de recevoir un dessin. La chose est on ne peut plus claire ! Ce w-e là, il y eut quatre morts par balles durant la nuit. Cela aussi, c’est l’Amérique… J’oubliais de signaler que les casques et autres vêtements de protection semblaient être complétement ignorés ! Nous voilà donc ayant découvert avec Bo & Joyce les petits déjeuners américains, les supermarchés immenses, les centres commerciaux gigantesques où par comparaison, notre Belle-île fait figure de superette, les restaurants de hamburgers (délicieux force est de le constater en comparaison de la m… servie dans les Mac Do et Quick de notre pauvre Europe !), les habitudes américaines comme, main gauche sous la table et ne se servir que de sa fourchette pour manger (pour avoir essayé, je trouve que ce n’est pas évident et je leur reconnais une habileté certaine à cet exercice !) ou encore, pendant le repas, ne boire que de l’eau ou du cola dans des verres d’un demi-litre remplis de glaçons ou encore la façon de se faire un hug sans bisous ou rester debout pendant un fort long temps avant d’inviter les invités à s’asseoir, ou encore se servir seul de vin à table mais uniquement après le repas, au dessert, ou encore, ou encore,… Je pourrais prolonger la liste de mes surprises à l’envi tant ce pays et ses habitants se sont éloignés de la société européenne dont ils sont originaires. Le moins que l’on puisse dire est qu’ils sont déconcertants… Notre chance fut d’être invités à fêter le memorial day en famille avec de bons amis de Bo & Joyce. Nous découvrîmes ainsi comme si nous en faisions partie tant l’accueil fut chaleureux, la vie d’une famille américaine au quotidien ou presque. J’ajouterai que ces américains sont extraordinairement communicatifs, s’adressant la parole sans raison apparente lors d’une rencontre fortuite dans la rue ou au restaurant, se coupant en quatre pour répondre à vos demandes d’information, s’intéressant sincèrement à vous en vous demandant d’où vous venez, par exemple en comptabilisant vos achats à la caisse. Les exemples vécus ici peuvent déjà se multiplier à l’infini. Ce premier contact avec les States eut aussi pour cadre le festival annuel dédié au véritable culte que le folklore local accorde à la pêche et à la dégustation du crabe bleu. Nous nous y sommes rendus en compagnie de Bo et Joyce. Outre la dégustation de cet excellent crustacé et de spare ribs inoubliables tant ils étaient énormes, cette manifestation populaire nous plongea au cœur d’un échantillon très représentatif de la population américaine. De l’ouvrier au fonctionnaire en passant par le cadre, le chef d’entreprise,… tout ce monde était là réuni dans une kermesse familiale de laquelle émanait une certaine joie de vivre habituelle dans ce genre de réunion où l’on vient pour se détendre, se changer les idées, profiter du week-end et rencontrer parents et amis. Curieusement – c’est mon ressenti – à cette impression d’ensemble s’est ajoutée celle que m’ont faites diverses images en relation avec l’activité militaire de ce pays qui, a contrario du notre, rappelle, par petites touches çà et là, l’idée que l’Amérique est en guerre perpétuelle. Des anciens du Vietnam et autres conflits armés ayant pris à la nation sa contribution en fils sacrifiés pour la défense d’une certaine démocratie récoltent des fonds pour leurs invalides, pour la réinsertion problématique de certains soldats démobilisés ou ayant fait leur temps en première ligne… Je me suis dit en croisant dans la foule des témoins de cette dure réalité, que j’avais de la chance d’avoir un vécu à l’abri de la guerre et de ses souffrances. Et que nous, en Belgique pour ce qui est de mon expérience, nous ne nous réalisions pas l’Amérique comme un pays en guerre, ce qui est pourtant la triste réalité que je ressentais là-bas, en déambulant dans la foule… Pendant toutes ces découvertes, nous avons commandé, réceptionné et installé notre nouveau radar Furuno 1715, le plus simple, le plus économe en énergie électrique. Il ne nous importe guère de savoir si le mobile qui va nous éperonner est en couleur ou en noir et blanc. Savoir qu’il arrive sur nous est le principal afin de pouvoir l’éviter. Bien que cela paraisse évident, il est peu aisé de résister aux arguments de vente de modèles plus complexes et donc plus chers mais pas nécessairement moins gourmands en électricité. Le gadget se paie et à l’usage maintenant que j’ai passé trois nuits de surveillance avec ce nouvel outil, je nous félicite d’avoir effectué ce choix raisonnable. Il est simple, efficace, beaucoup plus fiable que l’ancien en matière de veille et moins gourmand en électricité (fin de l’épisode radar). Me voilà donc en train d’écrire cette bafouille alors que nous venons de déguster un excellent dîner confectionné avec joie et amour par une Marjo fort heureuse d’avoir récupéré ses potentialités culinaires. Il faut bien dire que celles-ci deviennent limitées dès que le vent monte à 7, 8 Beaufort ce qui s’est passé jeudi, ce que nous avions raisonnablement accepté. Raconter notre rencontre avec le mauvais temps sans inquiéter nos lecteurs représente un vrai défi que je vais tenter de relever. Analysant les prévisions météorologique depuis notre arrivée à Myrtle Beach, je me suis rendu compte qu’un chapelet de dépressions émergeait du continent américain et se dirigeait inexorablement vers le NE se renforçant le plus souvent au-dessus de l’océan. Cela donne des vents du SO, S puis SE si on se réfère aux situations possibles quand on se trouve au S de la dépression. L’une d’entre elles se renforça tant et si bien sur l’Atlantique après être passée chez nous qu’elle provoqua la perte d’un équipage britanique et celle du bateau de français qui eurent la chance d’être récupérés par un navire espagnol. Celui-ci fut fort efficacement guidé par les coast guards américains ayant effectué un travail de suivi d’un appel de détresse remarquable. C’est dire si j’étais attentif à comparer les situations entre elles pour être certain de prendre la bonne décision. C’est ainsi qu’une évidence est née qu’il ne serait pas possible, à cette saison de trouver une météo qui nous donne une bonne brise de S, voire SE pour nous pousser au Canada sur une voie royale. La décision de partir relevait donc du compromis dans le domaine duquel la Belgique s’est taillée une belle réputation. C’est donc dimanche passé que les météos à 7 jours de la NOAA (organisation américaine fournissant gratuitement d’excellentes prévisions) me permirent d’entrevoir une fenêtre météo négociable. Il fallait se faufiler derrière une dépression, en subir la queue pour finir le parcours dans les aléas de vents variables et faibles d’une haute pression s’installant sur le S du Canada. C’est ce que nous fîmes. Le récit de ce début de traversée fera partie de la seconde partie de ce rapport. (à suivre)  

Staniél's Cay / Compas Cay

Staniel’s Cay

Compass Cay

 Rapport de terre/mer III.13

Farmer’s Cay n’est déjà plus qu’un souvenir. L’Otter II s’est encore déplacé vers le N. Il y eu d’abord Staniel’s Cay, sa grotte sous-marine trop fréquentée, ses cochons nageurs assez pittoresques et le « shark feeding » attirant une quantité impressionnante de requins nourrices (nurse shark) parmi lesquels certains inconscients (il est vrai que ces requins ne sont pas dangereux mais néanmoins quand on les nourrit, personnellement, je ne m’y serais pas aventuré !). Ensuite, Compass Cay, son jacuzzi naturel et sa grotte. Il me semble intéressant de m’y arrêter. Tout d’abord, le jacuzzi. Profitant d’une anfractuosité dans la côte océane et du flot, les vagues passent au-dessus de la côte de roches calcaires et y découpent de véritables dentelles qui cassent le flux d’eau amené par les vagues et produisent ainsi une mousse abondante. L’eau passe du côté au vent de l’océan vers le côté sous le vent constitué d’un plateau corallien dans lequel cette eau a créé au cours des ans une piscine naturelle. Elle accueille ces vagues pulvérisées par la dentelle de roches qui les transforment en tourbillons mousseux d’écume dont la tiédeur due au soleil qui la réchauffe est du plus agréable effet. L’après-midi, en dinghy, nous étions les seuls visiteurs d’une grotte magnifique que nous avons explorée en plongée libre.

 Toujours à Compas Cay, nous sommes allés visiter avec masque, palme et tuba (en snorkelling comme le disent plus simplement les anglais), une grotte magnifiquement décorée sous l'eau de concrétions très colorées, occupée par de nombreux poissons coralliens de toutes tailles mais, et c'est cela qui est particulièrement intéressant, composée dans sa partie aérienne, de stalactites et de stalacmites sortant de l'eau, le tout inondé d'une lumière provenant d'une partie effondrée du plafond de la grotte laissant apercevoir une fenêtre du ciel bleu des Bahamas.

Magnifique ! Nos commentaires ont résonné dans cette caverne et continueront encore à résonner longtemps dans nos souvenirs de voyageurs.

 

 

La trompe bahaméenne

 

Pour remercier le soleil d’avoir illuminé leur journée et l’encourager à en faire de même le lendemain, les indiens Taïno entre autres – car cette tradition se retrouve un peu partout dans les îles dont Taïti – soufflaient longuement dans des trompes fabriquées en sciant l’apex de grands coquillages comme le lambi ou le triton. Les populations précolombiennes s’en servaient déjà comme trompe d’appel (pututo). Comme cela servait de moyen de communication entre les îles – le son de la trompe peut porter à un kilomètre -, les anglais l’appelèrent « shellphone ». Dans les Bahamas, cette tradition a été reprise par les bahaméens et à leur suite par les plaisanciers qui se répondent ainsi en se faisant l’écho du premier d’entre eux qui salue le « sunset ». Tous les soirs donc, nous nous prêtons à ce rituel avec le plaisir de nous demander si d’autres vont, comme nous et avec nous, saluer le soleil couchant. Et, bien souvent, nous avons le plaisir de ne pas attendre longtemps avant de recevoir une réponse à notre appel. Parfois, quand nous ne sommes pas les premiers, nous répondons avant qu’un autre son de trompe ne vienne faire écho aux précédents et ainsi de suite. On assiste parfois à un véritable concert semblant provenir des quatre points cardinaux ce qui participe ainsi à l’ambiance toujours un peu magique et mystérieuse de la fin du jour.

 

 

 

Trois jours au mouillage de Farmer's Cay

Trois jours au mouillage de Little Farmers Cay

 Comment passer sous silence les moments exceptionnels vécus ici à la découverte de cette sympathique petite île bahaméenne et de ses habitants ? Comment traduire par des mots les sentiments, les sensations, les réflexions qui ont envahi nos esprits tout au long de notre court séjour ? Si l’on en extrait les longs moments où nous avons décanté ce vécu en échanges verbaux autour de l’apéritif du soir, au cours des trajets en annexe ou encore des promenades à pied le long des quelques routes qui sillonnent l’île, il reste encore une multitude de moments forts qui resteront à jamais gravés dans nos mémoires de voyageurs. Les rencontres furent hautes en couleurs et riches de la chaleur humaine des échanges.

Premiers contacts. Nous arrivons avec notre annexe au seul ponton du petit port où un  groupe d’hommes est occupé autour du dépeçage d’une chèvre sauvage récemment abattue. L’un d’entre eux vient spontanément prendre notre amarre avec un grand sourire ajouté à un sympathique « welcome ». Déjà cela, prendre votre amarre, c’est un merveilleux signe d’accueil !

-       Where do you come from ? 

-       Belgium

-       Oh yes, Belgium !... Where is it ?

-       A little country between France and Netherlands

-       Oh, yes !

Et Marjo de poursuivre la conversation en s’intéressant à eux, d’abord, pour les présentations en serrant les mains de chacun qui reçoit ce geste comme un cadeau. A partir de là, nous sommes des « guys » à qui chacun essaie de donner une information. Les présentations terminées, nous partons à la découverte des autres membres de cette petite communauté qui ne compte qu’une cinquantaine de personnes et, nous l’apprendrons plus tard, seulement dix enfants dont trois seulement sont arrivés aujourd’hui venant de Nassau par bateau (ce sont les vacances pascales) !

En nous promenant à la découverte de la petite agglomération, nous ne pourrons que constater l’absence d’enfants et d’adolescents. Nous ne rencontrerons que des adultes et des vieux… Longeant le quai, nous atteignons le premier carrefour où un poteau indicateur très coloré indique les nombreuses directions vers les endroits stratégiques de l’île dont l’aérodrome (airstrip) tient une bonne place. Après avoir fait la connaissance de Terry, qui tient un des bars/restaurants de l’île (il me semble qu’il doit y en avoir trois) malheureusement fermé pour le vendredi saint, nous nous dirigeons vers l’église. Terry nous a annoncé que nous pouvions aller y déguster de la cuisine locale réalisée pour les fidèles après la messe qui devrait être terminée à l’heure où nous nous y présenterions. Et nous voilà faisant la file pour nous faire servir ce repas partagé. Nous y rencontrerons Andy Heyward, le capitaine de Gadget, à l’ancre dans le mouillage. Il est le co-inventeur du dessin animé du même nom (L’inspecteur Gadget) et s’étonna qu’après tant d’années, je puisse encore lui fredonner le générique ! Et vous, vous en souvenez-vous ?

Tous les touristes étant repartis en emportant leur dîner, il ne restait que nous deux qui nous installâmes à la table des femmes qui, nous nous en rendions déjà bien compte et cela sera confirmé par la suite, constituaient le noyau dur de la communauté religieuse baptiste du village. Après quelques moments que je qualifierai de round d’observation, Marjo faisait connaissance, nous présentant, demandant le prénom de l’une et de l’autre, posant des questions sur le plat du jour et la façon de le cuisiner. Bref, après cinq minutes, elle était devenue la sympathique amie belge de passage sur l’île. J’ouvre ici une parenthèse : et moi, seul homme dans cette assemblée de femmes, je m’émerveillais –  ce n’est pas la première fois que j’en faisais le constat – de la facilité avec laquelle toutes les femmes du monde confraternisent facilement, échangeant des informations sur tout et sur rien mais le plus souvent à propos de choses pratiques axées sur nos besoins fondamentaux  comme le boire et le manger. A croire que ce qui les rend toutes sœurs est l’expérience commune de la mise au monde d’un ou de plusieurs enfants et le souci d’assumer leur subsistance. Une sorte d’esperanto non verbal qui brise les différences et facilite la communication. Je ferme la parenthèse en remarquant que les hommes sont en général beaucoup plus réservés !

Arrive alors une dame tout endimanchée que l’on nous présente comme la « pasteure ». Elle est  coiffée d’un chapeau digne de ceux portés en Europe à l’occasion d’un grand mariage. Apprenant que nous sommes des navigateurs belges de passage, elle s’avance immédiatement vers nous en écartant les bras en signe de bienvenue et nous fait un fraternel « hug » à l’américaine. Pour faire court, rendez-vous est pris pour la messe du  lendemain  où il sera question de fêter le « resurrection day ».

Exceptionnellement et comme Marjo a déjà rédigé de façon plus vivante que je ne pourrais le faire le reportage de la messe, c’est lui que je reprends ci-dessous comme un texte à quatre mains.

A l’heure dite, nous nous présentons à l’entrée de l’église. Après les premiers pas hésitants, un monsieur en costume cravate nous remet le répertoire des chants et les textes du jour et nous invite à entrer. La pasteure assise au milieu de l'estrade, derrière l’autel, nous fait signe de nous avancer et à nous asseoir au premier rang. Une musique ambiante provient d’un enregistreur portable posé à même le sol. Dès que nous sommes assis, elle accorde à Marjo le droit de prendre des photos et déclare d’autorité à l’assemblée qu’elle lui en a donné l’autorisation.

Les participants arrivent petits à petits et, devant nous, l'estrade se remplit de dames  vêtues avec élégance : magnifiques chapeaux, tailleurs et chaussures très habillées. On se croirait à un grand mariage. Inutile de dire que notre curiosité est bien stimulée ! Le clou de cette assemblée est la pasteure revêtue d’une longue robe blanche gansée d’or, coiffée d’un chapeau à rendre jalouse Amélie Notomb, sandales dorées. A sa droite, une dame assez jeune revêtue d’un tailleur vieil or, chapeau à plumes et rouge à lèvres couleur cuivre. Du jamais vu ! Nous comprendrons plus tard qu'il s'agit du " pray director". A sa gauche, une dame en tailleur tout blanc, avec chapeau de couleur.  Ce sera celle qui distribuera plus tard les hosties et le vin.

Notre pasteure se lève, éteint la musique en provenance du petit portable et la cérémonie commence par des chants accompagnés d’une musique diffusée cette fois par d’énormes diffuseurs suspendus au plafond de l’église. Tout le chœur est balayé de plusieurs micros qui amplifient ainsi les chants auxquels toute la communauté participe. Voyant nos hésitations quant au comportement à adopter, une fidèle nous refile à chacun une bible qui se présente sous la forme d’un gros recueil de partitions musicales dont chaque portée est surmontée du texte des paroles d’accompagnement. Il n’y a donc plus qu’à suivre en chantant et marquer le tempo en battant des mains.  Cet exercice d’anglais assez pittoresque mais de mon niveau alterna avec la lecture des textes que nous avions reçus à l’entrée et je dois dire que, dans l’ensemble, nous nous en sommes bien sortis ! Remarquons en passant que seuls quelques hommes participaient et en retrait à l’exception d’un seul qui nous a semblé être le mari de la « pray director ». Nous étions donc, dans le cadre de cette église, en plein matriarcat.

Et que je chante, et que je bouge mes hanches sur le rythme et que je batte des mains. Ambiance !!! Du coup pour ne pas être en reste et afin de s'intégrer au max, et ne surtout pas perturber la cérémonie, nous poursuivons notre effort et suivons le mouvement. Au premier rang dans la rangée opposée à la nôtre, il y a trois jeunes enfants (les seuls enfants présents sur l'île pour l'instant) aussi endimanchés que les parents et au demeurant très sages tout au long de la cérémonie qui dura ses deux bonnes heures ! L’une des petites filles finit d’ailleurs par s’endormir…

Le thème de la journée étant, comme on s’en doute, la résurrection, les mots « Jesus » (se prononçant djises), the Lord et amen (se prononçant émèn) n'ont plus de secrets pour nous tant ils furent répétés au cours de l’office, sans oublier les « alléluia » ponctuant presque toutes les phrases.

Les dames se relaient pour parler de Jésus, du tombeau vide, pour chanter aussi.  Très amusant. Les voix sont belles et enthousiastes.

Puis sur signe de notre pasteure qui n'est pas encore intervenue, tout le monde s'assied. Elle dit alors qu'aujourd'hui il y a parmi eux des visiteurs venus de loin, la Belgique. Elle s’adresse à Marjo et lui demande de se lever et de raconter notre histoire. Avec tout le courage qu’on lui connaît, elle s'exécute dans son anglais qui ne fait que s’améliorer et a droit à des applaudissements. Quand Marjo se rassied, la pasteure déclare que si nous sommes arrivés jusque-là c’est bien grâce au Seigneur qui a veillé sur nous ! Belle récupération s’il en est.

Bon...

Après cette première partie assez récréative et relevant, en comparaison de ce qui va suivre, du monde des bisounours, la pasteure, qui est restée assez en retrait, invite tout le monde à descendre de l'estrade et à prendre place dans l'église. Elle sort de son sac des ballerines couleur or et scintillantes. Elle s’en chausse sans que nous en comprenions immédiatement la raison et, ainsi mise à l’aise pour sa longue plaidoirie derrière le lutrin, entame la partie « hard » de la cérémonie.

Elle regarde l'assistance en silence et après quelques moments où elle croise le regard de toutes ses ouilles, elle commence à élever le ton, à moduler sa voix, à hurler, à répéter certaines phrases trois fois, et tout cela dans un micro réglé sur le maximum. Nous avons cru que nos tympans allaient rendre l'âme (l’endroit était bien choisi). Tout en parlant jusqu’à vociférer, elle gémit, elle gronde, elle se tait, elle reprend son discours. Du coup, nous nous sentons tout les deux oppressés. Elle adopte les stratégies oratoires des gourous et autres dictateurs. Ses hurlements rappellent ceux d’un Adolf de triste mémoire. Elle va jusqu’à érailler sa voix.

Et tout le temps la même rengaine. Les gens présents dans l'église, se manifestent en acquiesçant en disant des "yes", des "amen". Ils approuvent ainsi les paroles qui leur sont véritablement assenées. Ils participent ainsi activement à leur endoctrinement. Impressionnant !...

Mais ce n’est pas fini. Elle se met en mouvement sur l’estrade. Tout son corps participe au discours. Elle entre dans un état proche de la transe. Elle essuie sa transpiration avec un mouchoir de dentelle, ses larmes, aussi. A aucun moment, on ne décroche de son discours. Tour à tour elle ralentit son débit, elle accélère, elle adoucit sa voix, se déplace, puis elle reprend avec force. Une vraie spécialiste. Une véritable démonstration de ses compétences de prédicatrice.

D’ailleurs sur sa carte de visite, on peut lire qu'elle enseigne, qu'elle conseille, qu’elle est un orateur spécialisé dans la motivation, et last but not least elle est "prayor warrior" (guerrier de prière). Cela veut tout dire !

Le contenu tourne presque exclusivement autour  du christ. Christ amour, le christ qui a donné son corps, son sang, (répété dix fois), puis insistance sur l'entraide, sur les vices, alcool, drogues, sexe... (grands fléaux, aussi dans les Bahamas). Elle affirme que la priorité est Jésus. Elle martèle que la seule issue est Jésus. Ensuite place au quart d'heure délation et critique de ceux de cette communauté qui ne vont pas à l'église, celui qui est saoul du matin au soir, de ceux qui donnent la priorité à leur bar ou restaurant plutôt que d'être à l'église . Tout le monde sait de qui on parle car on sait qu'il n'y a qu'une cinquantaine d'âmes dans cette île. Même nous, on a repéré le saoulard, et ceux qui ne fréquentent pas l’église. Elle invite les soeurs et frères présents à prier pour ces âmes perdues, pour les malades et pour  une liste presqu'interminable de calamités tant la durée de son prêche est longue. Le ton de la voix a enfin baissé. Retour au calme. Ouf !

Pour finir, partage du corps et du sang du christ. Un ou l'autre chant et la messe était dite. Enfin !

Accolade (hug) á tout le monde. Pendant ce temps les enfants se ruent sur les restes de la communion et se partagent les dernières hosties et les petits gobelets de jus d’airelles  sans pour cela que quiconque y ait à redire ! Ensuite, les dames sortent en enlevant leurs jolies chaussures pour les échanger contre des tongues, manifestement mieux adaptées au climat et aux sentiers empierrés. Tout le monde rentre alors chez soi, heureux et fiers semble-t-il, du devoir accompli.

Sous le choc de ce matraquage philososphique, nous nous sommes rendus á l'airstrip pour y manger un bout. Beaucoup de pistes de réflexions et de débats ont animé notre conversation à table. Une expérience inoubliable dans notre périple. Un grand moment de rapprochement de notre chère liberté de pensées et de notre autonomie réflexive…

(à suivre)