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13/06/2015

vendredi 12 juin à York River (Virginie)

Ce matin, Marjo est partie en courses avec son amie américaine, Joyce. Les hommes restent à bord ! Ouf, j'y échappe et ça va changer Marjo de nous avitailler "entre filles".
J'en profite donc pour fermer tous les hublots de l'Otter et m'activer à le dessaler. Il en a bien besoin après cet aller-retour musclé aux Bermudes au cours duquel il a été véritablement mis au saloir. Il était grand temps de protéger nos inoxs !
Soudain, dans le bassin, derrière la poupe du bateau, j'entends un chahut de tous les diables. A priori, je pense à une chasse de poissons mais ce n'est pas tellement le moment et puis, des poissons qui grognent, ce n'est pas très courant !
Je scrute donc la surface à l'endroit où le chahut a laissé ses ondes concentriques et... j'ai l'immense bonheur d'en voir surgir deux loutres manifestement en plein "débat" amoureux ! Je vous jure qu'au pays des loutres, le mâle tolère difficilement un refus car c'est avec des grognements canins furieux qu'il imposa à sa partenaire un accueil manifestement indésiré ! Le couple disparut aussitôt sous la surface et je poursuivis mon observation, espérant ainsi une autre apparition... qui se produira un peu plus loin, la femelle se faufilant sans demander son reste sous une coque voisine et le mâle émergeant soudain face à moi, à quelques mètres à peine, presque les yeux dans les yeux et semblant me dire : "t'as vu comment cela se passe au pays des loutres ! Prends-en de la graine mon Ami." Et elle disparut aussitôt, me laissant sous le charme de cette inattendue rencontre.loutres.jpg

09/06/2015

8 juin 2015

 

Ce petit courriel écrit en mer en approche des côtes américaines. Il fait beau. Nous sommes sous voiles et filons 7 noeuds avec un tour de rouleau dans le yankee. Nous avons passé une bonne nuit au moteur depuis minuit environ, moment où le vent est tombé. Enfin ! Depuis notre départ des Bermudes au moteur et vent (faible) dans le nez, le vent n’a fait que gagner en force MAIS fort heureusement, est resté du secteur SE ce qui nous mettait travers au vent. Allure royale s’il en est mais avec une mer praticable ce qui n’a pas été le cas. Elle s’est creusée petit à petit pour devenir franchement grosse ! Nous nous sommes retrouvés surfant sur les lames d’une « following sea » ce que l’on souhaite à tout marin qui appareille mais cette mer là, ce jour là et le suivant nous a bien chahutés. Pris un ris puis deux, puis trois... rentré le yankee complètement et resté deux jours durant sous toile réduite (trinquette et 3 ris dans la GV). Le vent est monté jusque 30 noeuds établis et nous avons enregistré quelques rafales à 45 noeuds ! Un vrai baptême (vous me passerez l’expression !) C’était vraiment très sportif nonobstant l’angoisse qui est toujours la mienne en ces circonstances, de casser qui, une bosse de ris, qui une drisse ou autre pièce d’espars trop sollicité. Fort heureusement tout a tenu excepté un anneau de notre régulateur d’allure qui a explosé (remplacé dans le quart d’heure par le marin de service !) et le reste du voyage a été marqué d’un entraînement inhabituel à la prise de ris qui m’a fait devenir un vrai pro de l'arisage. Pendant cette traversée haute en émotions, j’ai beaucoup lu. Impossible de « mater » un film (trop de bruit), notre alternateur d’arbre méritant depuis sa transformation suite à notre « fortune de mer » son nom de La Callas !!! Les vocalises sont présentes dès la vitesse de 7 noeuds or, nous avons fait presque tout le voyage à une allure incroyablement rapide poussés que nous étions par un vent fort particulièrement bien orienté. Seul l’inconfort dû aux énormes creux dans lesquels nous plongions en surfant resteront gravés dans notre mémoire de marins en herbe. Je ne vous cache pas d’avoir pris un plaisir tout particulier au rituel d’atterrissage qui consiste à déconnecter le WINDPILOT, amener le pavillon de courtoisie du dernier pays visité et renvoyer le pavillon Q ainsi que l’américain dans les barres de flèche tribord. Maintenant, j'écris dans le cockpit, l’ordinateur sur les genoux, à l’ombre de la capote et la sérénité retrouvée...

NBémoticône wink

30/05/2015

L'Hermione à quai et départ

https://www.dropbox.com/s/58gnypv7txrqmn3/L%27Hermione%20%C3%A0%20quai%20et%20d%C3%A9part.mp4?dl=0

 

26/05/2015

Arrivée de l'Hermione aux Bermudes

https://www.dropbox.com/s/bx8irnv8a6mxoua/L%27Hermione%20...

 

19/05/2015

III.19 Bien arrivés aux Bermudes

III.19 : Sur la route des Bermudes

 

Rédigé en mer ce vendredi 15 mai matin 0746.

Il y a maintenant deux heures que le soleil s’est levé. Il diffuse d’abord sa lumière bienfaisante à travers la claire-voie et les hublots bâbords. L’Otter a été complétement fermé cette nuit suite à une lame qui, si elle n’était pas scélérate, n’en était pas moins vilaine car, alors que nous faisions route au travers du vent sous régulateur d’allure et par un vent établi de plus de 20 nœuds avec rafales à trente (GV 3 ris, trinquette et Yankee 3 ris), elle a complétement submergé le bateau, envoyant sur la couchette de veille dans le carré ainsi que sur celle de Marjo qui dormait, une bonne pinte d’eau de mer nous rappelant sévèrement que c’est toujours la mer qui décide. Elle ne pardonne pas d’avoir négligé de visser convenablement les papillons de  serrage des hublots, ce qui était le cas ! Bref la nuit s’est passée en l’attente d’une autre lame qui, fort heureusement, n’est jamais venue. Mais d’où viennent donc ces vagues improbables qui surprennent toujours les marins ? En une fraction de seconde, le cockpit était noyé et les évacuations travaillaient ferme pour le vider. Prévoyant que cela pouvait recommencer, j’ai bardé la porte de la descente de ses deux panneaux de protection-tempête et ai fini mon quart assez anxieux, je dois bien l’avouer. Pendant ce temps Marjo essayait de se rendormir mais non sans difficultés car des réveils pareils, on s’en passerait bien volontiers !

 

18h00, je reprends le clavier. Dehors cette fois. Il fait grisâtre. Le ciel est fermé par une épaisse couche de nuages bas tout juste traversée par les rayons du soleil déclinant qui n’arrivent pas à la percer. L’Otter navigue sous grand voile 2 ris et tout devant. Il file ses 5 bons nœuds au près bon plein dans une mer qui s’est quelque peu calmée ce qui n’était plus arrivé depuis notre sortie de la baie de Chesapeake, il y a quatre jours. Il faut dire que la queue de dépression tropicale Ana s’est révélée plus inconfortable que les prévisions nous le laissaient supposer. L’océan était bien creusé. Nous avions sous-estimé la mauvaise réputation du fameux cap Hatteras pourtant déjà franchi l’an passé au départ de notre remontée vers la Nouvelle-Ecosse. Le vent du N rencontrant le Gulfstream n’a rien arrangé. Bref, voilà quatre jours que nous naviguons comme si nous étions en course ou presque car les conditions de navigation changeant rapidement, nous avons eu un bon entraînement pour nous remettre dans le bain. Ariser la grand voile au 1er, au 2ème, voire au 3ème ris, renvoyer de la toile, reprendre un ris, régler le régulateur d’allure (Windpilot) qui ne discute pas avec la règle qui impose au bon marin de porter la toile du temps et semble dire : « Si tu surtoiles le bateau, je fais grève ! »… Bref, beaucoup de travail à bord. Décrochant mon regard de l’ordinateur, je vois de nouveau un océan devenu rassurant. La haute pression s’installe lentement mais sûrement et est actuellement de 1043 hPa. Il est certes encore trop tôt pour croire que la traversée va se terminer en farniente mais on peut déjà au moins l’espérer. Marjo maintient le moral du team en préparant de bons petits plats et ce, sans relâche malgré les conditions de navigation que l’on peut considérer comme difficiles. Cuisiner dans un shaker n’est pas une sinécure ce dont témoignent les belles échymoses apparues ces derniers jours sur les cuisses de Marjo !

Depuis notre départ, nous n’avons croisé qu’un seul voilier faisant route inverse. Quelques navires de commerce ont été aperçus au loin, d’autres uniquement repérés sur notre radar ou grâce à notre récepteur AIS. Pour le reste, rien ! Ni dauphins, ni cétacés. Quelques oiseaux de mer et des méduses tueuses (voile de vénus ou caravelle portugaise) ont agrémenté notre curiosité restée jusqu’à présent sur sa faim. L’océan nous est paru bien vide jusqu’à présent.

 

Matin du samedi 16 mai. 09h52

 

Durant la dernière partie de la nuit, le vent a refusé et notre Windpilot, après de petites hésitations, nous a fait prendre la direction des Bahamas « tricnonote » (expression wallonne je crois pour indiquer la lenteur) c’est-à-dire à 1 ,5 nœud maxi. Je ne pouvais pas le laisser faire ! Il est vrai qu’à sa défense, nous portions toujours la toile de nuit (2ris dans la GV et 1 ris dans le yankee) car le début de celle-ci avait été bien ventée. L’anticyclone prend donc ses quartiers. Après quelques hésitations et énervements, nous nous décidons à faire appel à Yan (c’est le petit nom de notre moteur) et reprenons la route directe cette fois, le nez dans ce qui reste de vent. Le soleil se lève, magnifique mais fugace. Il se cache dans les nuages et poursuit sa montée dans un ciel qui se colore de mille feux. Bientôt, ses rayons reprennent appui sur l’horizon en dessinant de magnifiques pieds de vent ainsi appelés par les madelinots. Quel bon moment ! Comme la vie en mer peut être surprenante, basculant de l’anxiété d’une mer assez dure vers la sérénité d’un matin magique. L’horizon est maintenant dégagé et le soleil en a déjà bien pris ses distances. Le ciel est bleu piqué ça et là d’un petit nuage de beau temps. L’Otter sent l’écurie et se laisse entraîner par Yan pour lutter contre un léger courant qui s’oppose à notre progression depuis que nous avons quitté le Gulfstream (La t° de l’eau y était de 24°C alors qu’elle n’est plus que de 20°C). Un lab me tient compagnie. Il vole de conserve avec moi. Il y a une heure, une troupe de dauphins nous a souhaité une bonne fin de traversée en jouant avec notre étrave et se manifestant  par des sauts spectaculaires. Tous ces événements me ravissent et me font apprécier d’être ici au milieu de l’océan, seul.  Ce matin, c’est une bonne odeur de pain en train de cuire qui m’a mis en appétit. Ah cette Marjo ! Quand elle ne lit pas, ne dort pas ou ne m’aide pas à la manœuvre, elle prépare quelque chose. A moi de deviner… Cela aussi, c’est le sel de la traversée… (à suivre)    

 

Au petit matin du lundi 18 mai à 01h00

 

Moi qui suis toujours impatient d’arriver, voilà qu’il me faut attendre en mer que le jour se lève car nous avons été un peu trop rapides et, arriver de nuit aux Bermudes étant déconseillé, il était plus prudent de prendre cette décision. Donc, alors que l’Otter marchait du tonnerre de Neptune et filait ses 7 bons nœuds, j’ai dû, la mort dans l’âme, lui reprendre de la bride et lui imposer deux ris dans sa grand voile et yankee presque complétement enroulé ! Ainsi freiné, nous achevons notre traversée à moins de 5 nœuds, le plus souvent 4. A croire que l’on n’a pas envie d’arriver… Il faut savoir que ça ne rigole pas ici et le navigateur qui veut mouiller aux Bermudes doit montrer « patte blanche ». Il doit s’annoncer à la VHF 30 milles avant l’arrivée, indiquer le temps estimé pour atteindre le port et garder le contact avec Harbour Master au fur et à mesure de l’atterrissage. Un vrai cadeau pour Marjo qui a déjà repéré que les Bermudiens parlent anglais avec un accent néerlandais. Peut-être n’est-ce que le capitaine du port et qu’il est trop tôt pour généraliser. Tous les concurrents de l’ARC semblent être arrivés car nous les avons entendus s’annoncer, comme il se doit,  à la VHF. Remarquons que l’océan est tellement grand que, partis presque ensemble, nous n’en avons pas perçu un seul durant la traversée !Malgré notre handicap (probablement avons-nous entamé la traversée quelques heures avant eux, nous avons bien fait marcher le bateau car sans la décision de freiner notre arrivée, nous semblions être dans les temps ! Nous serons fixés dans quelques heures…

 

Mardi 19 mai au mouillage à St Georges Bermudes.

 

Hier, avons dormi toute la journée… et une bonne partie de la nuit, contents d’être à l’abri (20/25 nœuds de vent ; rafales de 30 !). Ce matin (0456 locale), connexion Wifi à l’arraché grâce à notre antenne badboy, le vent est calmé. Au travail pour la mise à l’eau de l’annexe et la découverte de l’île.

 

(à suivre…)