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04/06/2014

III.15

 

Bonjour à tous,

 

 

 

Ce petit message pour vous tenir au courant de la suite de notre voyage interrompu suite à un souci de santé de notre fille Manon qui a dû être hospitalisée pour une intervention de neurochirurgie par gamma knife rendue obligatoire par la récente reprise de ces terribles crises d’algies de la face pour lesquelles elle avait déjà été opérée il y a presque deux années. Nous sommes donc rentrés de toute urgence afin d’être à ses côtés pour l’accompagner dans cette pénible épreuve. Tout semble de bon augure et la vie reprendra son cours pour elle et pour nous dès qu’un peu de repos lui aura rendu l’énergie nécessaire pour repartir dans sa vie de jeune femme active.

 

Pour nous, le voyage continue à partir du 6 juillet  prochain. Retour à Halifax où nous attend notre cher Otter. Dès que la météo le permettra, nous mettrons le cap vers les Iles de la Madeleine où nous retrouverons nos amis canadiens de Umialtak. Ensuite, St Pierre et Miquelon, îles mythiques s’il en est dans la grande aventure de la pêche à la morue. Rappelez-vous Hemingway et son magnifique roman « le vieil homme et la mer ». Après, nous amorcerons notre lente descente vers le Sud. Nous repasserons sans nous y arrêter au large de Halifax en visitant encore quelques mouillages de Nouvelle Ecosse puis incurverons notre route vers l’Ouest pour découvrir le Maine que tous les amis américains nous décrivent comme l’incontournable magnifique région à découvrir. Après, nous irons saluer la statue de la Liberté à New York avant de nous diriger vers la célèbre baie de Chesapeake qui est le terrain de prédilection des voileux de la côte Est. Nous prendrons le temps de la visiter en long et en large. Il y aura le salon nautique d’Annapolis comme événement à ne pas rater et bien évidemment Washington. Nous sortirons alors le bateau de l’eau en principe à Deltaville et reviendrons pour trois mois au moins en Belgique. Nous serons donc en famille pour les fêtes de fin d’année.

projet fin 2014.jpg

 

19/04/2014

les trous bleus

The blue hole

 

Aujourd’hui était un beau jour pour nous qui sommes descendus pour la première fois de notre vie dans un trou bleu (blue hole).

bluehole.jpgCet après-midi à 12H30, notre ami-bateau Pierre du catamaran Talitha Koum et nous avions rendez-vous avec la marée et plus précisément avec le début du flot. Le  grappin croché, nous nous équipons et dans une eau peu profonde dont le fond de sable est clairsemé d’algues, nous suivons Pierre qui nous guide vers ce fameux trou, objet de nos convoitises. Il a emporté un gros phare de plongée et nous des lampes. Et nous y voilà ! L’entrée du trou est magnifiquement gardée par une multitude de sentinelles qui tournent, attirées qu’elles sont par le léger courant sortant qui nous indique que c’est sans danger que nous pouvons pénétrer dans les entrailles de la terre. Après un premier moment de fascination, nous suivons Pierre qui s’engage dans le trou qui doit mesurer une petite dizaine de mètres de diamètre. L’ambiance est incroyable. Le courant sortant étant encore très faible, nous traversons un banc de scalaires qui, malgré l’habitude d’être ainsi dérangés, semble nous regarder comme des intrus. Le banc s’écarte avec nonchalance et se reforme derrière nous. La descente commence. Je ferme la marche, Marjo suivant Pierre. Le gouffre plonge jusque la profondeur de 30 mètres. Lorsqu’on se retourne, regardant vers la surface,  on aperçoit le trou bleu à l’envers qui se dessine dans l’obscurité de ce mystérieux puits creusé à la préhistoire par les pluies qui ont rongé le calcaire avant la montée des eaux qui l’ont inondé. A 30 mètres, le gouffre s’élargit et une galerie garnie d’un fil d’Ariane posé là par l’équipe du Commandant Cousteau semble nous inviter à poursuivre notre exploration mais la raison est plus forte et nous nous contentons d’explorer plus avant les recoins de cette sorte de hall d’entrée. Nous y découvrons de très belles langoustes tapies sous des plafonds de roches recouvertes de concrétions joliment colorées. L’ambiance est agréablement mystérieuse sonorisée qu’elle est par le chant de nos détendeurs. Ayant achevé notre exploration, nous entamons lentement la remontée dénichant encore çà et là l’une ou l’autre langouste immangeable tant leur taille est impressionnante. Elles me font penser à des dinosaures !!!bluehole1.jpg

Poursuivant donc notre remontée, j’aperçois dans le faisceau de ma lampe une énorme cigale de mer. J’appelle la palanquée en trompetant dans mon détendeur mais sans succès et je décide donc de m’en saisir pour la faire admirer par Pierre et Marjo. Elle est tellement grosse que ma main est tout juste assez grande pour l’attraper et je suis obligé de la serrer de toutes mes forces tant elle tente vigoureusement d’échapper à ma prise. Revenu à hauteur de Pierre, je lui montre ma trouvaille et remarque directement à l’intérêt qu’il lui porte que ce n’est pas habituel ce genre de rencontre. Je la relâche alors devant lui et en deux coups de queue, elle s’enfuit. Elle s’éloigne et se demande encore maintenant et à juste titre, quel est l’emmerdeur qui l’a ainsi aussi grossièrement dérangée ! A mon grand étonnement, c’est en marchant sur le fond qu’elle poursuit sa route comme un vrai blindé auquel elle ressemble toute caparaçonnée qu’elle est.

cigale.jpgLa plongée se poursuivra par la visite du second trou bleu un peu moins profond (une vingtaine de mètres), tout aussi joli, tout aussi encombré de magnifiques poissons semblant monter la garde en rangs serrés. Remontés dans les annexes, la conversation allait bon train commentant avec enthousiasme ce que nous avions vu. Merci Pierre pour ce merveilleux partage qui restera ancré dans nos meilleurs souvenirs de plongée. La vie est décidément bien belle à bord de Otter II. 

23/03/2014

rapport de terre/mer III.9a

Ce jeudi 20 mars 2014.

 

L’inoubliable nuit à Attwood Harbour…

 mouillage.jpg

 

Quelle nuit, mes amis ! Et c’est dans l’abri que nous croyions si confortable que cela s’est passé. Nous sommes donc à Acklins Island dans cette petite crique appelée Attwood Harbour, reposant notre système nerveux tant notre nuit que nous avions rêvée au calme de cette petite anse paraissant sur la carte être un havre de paix, fut cauchemardesque. La houle entre ici en se sentant vraiment  chez elle ! Les brisants signalés à l’entrée de cette sympathique crique se prolongent à marée basse à l’intérieur du mouillage. A quelques encablures de notre Otter, les lames déferlent montrant ainsi l’amplitude de la houle (un bon mètre !) qui entre ici. Ce matin, deux superyachts, un bateau de pêche sportive, deux voiliers et nous occupions cet infernal chaudron. Les départs précipités dès le lever du soleil en dirent long sur le déplaisir insomniaque des occupants du mouillage. Quant à nous, ne faisant pas exception, nous étions lessivés. Si il y a quelque chose de déplaisant en navigation, c’est bien un mouillage rouleur ce qui fut le cas ! Deux options s’offraient à nous : reprendre la mer comme les autres pour un autre saut d’au moins une trentaine de milles ou insister en tentant intelligemment de gérer la situation. L’endroit méritait une hésitation. Mis à part cette houle déplaisante, l’endroit est joli et les brisants à l’entrée constituent à eux seuls un merveilleux spectacle. De plus, il nous a été dit qu’ici, les langoustes se font légions ! Après un rapide conciliabule, la décision est prise. Le mouillage étant désert, on pouvait choisir la meilleure place par rapport à la houle ce que nous fîmes en plaçant une ancre à la poupe du bateau pour que celle-ci nous maintienne le cul face à la houle. Au moment où j’écris ces lignes, la situation est stable. Le mouillage est désert. Nous sommes de nouveau seuls et le bateau tangue mais ne roule plus. Cerise sur le gâteau, il y a une belle langouste qui nous attend pour le souper. Il n’est pas mal dans le fond ce petit mouillage !...

18h00. Le soleil amorce sa descente vers l’horizon. Le vent a tourné et commence à nous mettre en position de rouler encore malgré l’ancrage arrière. Il nous reste une heure pour nous préparer et quitter les lieux.

Prochaine escale : Rum Cay, petite île située au NO et dont l’abri des vents qui tournaient au NNE était assuré. 79 milles au près par vent prévu de 2 Beaufort. Arrivée prévue pour le début de l’après-midi du lendemain. Et, c’est parti. On franchit la barre qui déferle sur presque toute la largeur du chenal d’accès. La houle de plus d’un mètre – plus importante qu’à notre arrivée - nous conforte dans notre décision de poursuivre notre voyage. Et c’est donc vers une bonne nuit de navigation tranquille que l’Otter II nous emmène, toutes voiles dehors.

(à suivre…)