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19/04/2014

les trous bleus

The blue hole

 

Aujourd’hui était un beau jour pour nous qui sommes descendus pour la première fois de notre vie dans un trou bleu (blue hole).

bluehole.jpgCet après-midi à 12H30, notre ami-bateau Pierre du catamaran Talitha Koum et nous avions rendez-vous avec la marée et plus précisément avec le début du flot. Le  grappin croché, nous nous équipons et dans une eau peu profonde dont le fond de sable est clairsemé d’algues, nous suivons Pierre qui nous guide vers ce fameux trou, objet de nos convoitises. Il a emporté un gros phare de plongée et nous des lampes. Et nous y voilà ! L’entrée du trou est magnifiquement gardée par une multitude de sentinelles qui tournent, attirées qu’elles sont par le léger courant sortant qui nous indique que c’est sans danger que nous pouvons pénétrer dans les entrailles de la terre. Après un premier moment de fascination, nous suivons Pierre qui s’engage dans le trou qui doit mesurer une petite dizaine de mètres de diamètre. L’ambiance est incroyable. Le courant sortant étant encore très faible, nous traversons un banc de scalaires qui, malgré l’habitude d’être ainsi dérangés, semble nous regarder comme des intrus. Le banc s’écarte avec nonchalance et se reforme derrière nous. La descente commence. Je ferme la marche, Marjo suivant Pierre. Le gouffre plonge jusque la profondeur de 30 mètres. Lorsqu’on se retourne, regardant vers la surface,  on aperçoit le trou bleu à l’envers qui se dessine dans l’obscurité de ce mystérieux puits creusé à la préhistoire par les pluies qui ont rongé le calcaire avant la montée des eaux qui l’ont inondé. A 30 mètres, le gouffre s’élargit et une galerie garnie d’un fil d’Ariane posé là par l’équipe du Commandant Cousteau semble nous inviter à poursuivre notre exploration mais la raison est plus forte et nous nous contentons d’explorer plus avant les recoins de cette sorte de hall d’entrée. Nous y découvrons de très belles langoustes tapies sous des plafonds de roches recouvertes de concrétions joliment colorées. L’ambiance est agréablement mystérieuse sonorisée qu’elle est par le chant de nos détendeurs. Ayant achevé notre exploration, nous entamons lentement la remontée dénichant encore çà et là l’une ou l’autre langouste immangeable tant leur taille est impressionnante. Elles me font penser à des dinosaures !!!bluehole1.jpg

Poursuivant donc notre remontée, j’aperçois dans le faisceau de ma lampe une énorme cigale de mer. J’appelle la palanquée en trompetant dans mon détendeur mais sans succès et je décide donc de m’en saisir pour la faire admirer par Pierre et Marjo. Elle est tellement grosse que ma main est tout juste assez grande pour l’attraper et je suis obligé de la serrer de toutes mes forces tant elle tente vigoureusement d’échapper à ma prise. Revenu à hauteur de Pierre, je lui montre ma trouvaille et remarque directement à l’intérêt qu’il lui porte que ce n’est pas habituel ce genre de rencontre. Je la relâche alors devant lui et en deux coups de queue, elle s’enfuit. Elle s’éloigne et se demande encore maintenant et à juste titre, quel est l’emmerdeur qui l’a ainsi aussi grossièrement dérangée ! A mon grand étonnement, c’est en marchant sur le fond qu’elle poursuit sa route comme un vrai blindé auquel elle ressemble toute caparaçonnée qu’elle est.

cigale.jpgLa plongée se poursuivra par la visite du second trou bleu un peu moins profond (une vingtaine de mètres), tout aussi joli, tout aussi encombré de magnifiques poissons semblant monter la garde en rangs serrés. Remontés dans les annexes, la conversation allait bon train commentant avec enthousiasme ce que nous avions vu. Merci Pierre pour ce merveilleux partage qui restera ancré dans nos meilleurs souvenirs de plongée. La vie est décidément bien belle à bord de Otter II. 

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