Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

02/03/2014

De St Martin à Samana

Rapport de terre/mer III.6

 

Ce 1er mars 2014.

 

photo.JPGDimanche 23 février. Deux mois d’immobilité au mouillage et beaucoup de contraintes d’entretien derrière nous, nous levons l’ancre dont j’ai dû nettoyer une bonne partie de la chaîne la veille car les inévitables parasites y avaient déjà élu domicile. De longues algues assez urticantes l’avaient en effet déjà colonisée !

La zone de mouillage à peine quittée, nous envoyons les voiles et faisons route N0 pour rejoindre le Necker Island Passage entre l’île la plus orientale des BVIs, Anegada et la toute proche, Virgin Gorda, plus à l’O. Nous sommes tribord amures, le vent nous pousse au grand largue. Cette allure fluctuant avec le vent arrière ne nous quittera plus pendant toute la traversée qui nous fera adapter notre route prévue en passant au N d’Anegada et des autres BVIs, USVIs et Puerto Rico. Les heures se succéderont ainsi sous bonne brise dans le confort du portant, le bateau roulant à peine sous yankee dûment tangonné. 

Mercredi vers 13h00, nous pénétrons dans la merveilleuse Baia de Samana non sans avoir déjà aperçu, au loin, le souffle d’une baleine ce qui augure de merveilleuses futures rencontres. Le soleil est haut et la lumière parfaite pour mettre en évidence la luxuriance de la côte couverte de forêts de cocotiers. Çà et là, l’une ou l’autre luxueuse villa dominent la baie. La côte est accore et c’est sans problème que nous atteignons le Puerto Bahia où une nouvelle marina datant d’à peine quatre ans nous ouvre ses bras.  L’accès est aisé. Le personnel du port tout sourire nous accueille, se saisit de nos amarres et nous aide à alimenter l’Otter en électricité. En marins scrupuleux de l’étiquette, nous avions hissé dans les barres de flèches tribord le pavillon de courtoisie de la République dominicaine ainsi que le Q, pavillon jaune signifiant la demande  de libre pratique (cela indique que nous sommes en attente du passage des autorités susceptibles de nous autoriser à débarquer).  La première chose environnementale qui attire notre attention est le chant de diverses espèces d’oiseaux dont les trilles et autres sifflements charment nos oreilles. Le port est bien protégé et tranquille. Un grand nombre d’emplacements sont libres. La semaine sera reposante.

Peu de temps après notre amarrage, la marine de guerre monte à bord avec le responsable de la lutte anti-drogue qui avait déjà bu quelques bières avant d'arriver. Il  a fait un effort pour en boire une de plus avec nous ! Lorsqu'il a pris congé, j'ai remarqué qu'il portait son arme de service (un colt) fourrée sous la ceinture de son pantalon ! « Bienvenue en République dominicaine ! » nous a déclaré, avec un large sourire, le responsable des « gardia costa ». Il est vrai que nous avions remarqué… que nous y étions vraiment arrivés !

Pour être bienvenus, nous l’avons été aussi dans le port car une invitation à un apéritif dînatoire à 19h00, nous fut exprimée le deuxième soir dans la salle de réception luxueuse de l'hôtel jouxtant la marina. Nous apprîmes (passé simple pour faire plaisir à ma fidèle lectrice Emily) que chaque arrivée d'un bateau donnait lieu au même accueil. Le but est de rassembler tous les plaisanciers présents et favoriser ainsi les échanges d’informations. Et je ne parle même pas des douches toutes de marbre tapissées avec des chutes d'eau dignes du sanitaire du plus haut de gamme !!! Un vrai délice…

Internet à bord presque comme à la maison (certaines lenteurs et déconnexions doivent être gérées avec philosophie). Mais pas de shipchandler. Aussi, ce matin, comme je recherchais dans mes réserves, du bout pour remplacer les lazy-jacks[1] de ma grand voile cassés lors de notre traversée - ils étaient en fin de vie -, le sympathique capitaine du port s'est proposé de m'en procurer. Je lui en ai fourni la quantité recherchée et il est parti à la ville voisine de la marina pour m'en procurer. Une heure après il était de retour, découvrant ses belles dents blanches dans un sourire qui en disait long sur le plaisir qu'il avait de me rendre service. Quel bonheur ! Quelle gentillesse ! Du plus jamais vu à Liège depuis des années...  

photo3.JPGIci, le temps est comme en Europe. Il est au carnaval avec seulement quelques degrés en plus. C’est aussi la période, février, mars, où les baleines se rassemblent pour se reproduire. Lundi, nous allons à leur rencontre avec une océanographe parlant français. Nous vous joindrons des photos dans le prochain rapport. Et si vous vous demandez pourquoi nous n'allons pas à leur rencontre avec notre bateau, c'est tout simplement parce que c'est interdit. Business ? Protection des animaux ? Il est vrai aussi qu'un voilier est moins manoeuvrant ! Néanmoins je suis convaincu que les rencontrer lundi ne sera pas un événement unique. Nous aurons encore et encore cette chance lors de notre remontée vers le N.

Avant-hier et aujourd’hui, nous sommes allés à Santa Barbara de Samana. Le premier voyage en voiture est offert par l’hôtel. Dans cette sympathique petite cité dominicaine que nous avons découverte le jour du carnaval,  l'ambiance me rappelle mes jeunes années à Liège (en été !) où tout était autorisé, comparé au jour d’aujourd’hui bien-sûr. Ce qui frappe surtout aux premiers regards est que tout semble ici permis ou, en tout cas, accepté comme par exemple de rouler à 4 sans casque sur une moto !

Les gens sont gentils mais assez pauvres quoiqu'ils fassent actuellement la fête en raison de la période carnavalesque. La circulation est principalement le fait d’une quantité incroyable de motos de petites cylindrées. Je pense à des 125cc. Certaines d’entre elles servent de taxi. Cela s’appelle des « motoconchos ». moto.jpegNous en avons fait l’expérience car rien ne nous arrête (surtout quand les prix – 4,5€/2 pers - sont beaucoup moins élevés que ceux des taxis !).  J’ai d’ailleurs bien cru que je devrais descendre pour pousser dans les côtes ce qui nous est déjà arrivé à Sercq dans les anglo-normandes mais là, c’était le cheval qui peinait à grimper la côte !

Les motos circulent partout et en tous sens (parfois même interdits !) à vive allure. Tout ce petit monde se croise, klaxonne pour se dire bonjour… Il y en a même qui jouent au taxi en prenant des passagers payants en croupe, les passagères montant en selle en amazone ! Pas une seule attitude agressive. Pas de stress. Tout fonce dans tous les sens sans que personne ne semble s’inquiéter d’un danger… Personne ne porte le casque !!! Quel dépaysement ! Quel enchantement ! Vraiment, la République dominicaine est une destination de choix.

 

 (à suivre)

 

pe_cheurs.jpg



[1]Les lazy-jacks sont un réseau de fins cordages destinés à canaliser la grand voile dans le sac (“bag”) qui reçoit la grand voile en position basse c’est-à-dire affalée.

Les commentaires sont fermés.