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07/07/2013

mars 2012

Rapport de terre/mer 4 :

 

C'est proue à quai au port de Jolly Harbour sur l'île de Arruba que je reprends le clavier pour vous conter la suite de notre aventure. Hé oui, nous sommes au port car il y avait assez longtemps que la lessive attendait du 220 volts. Nous avons en effet testé notre petit groupe électrogène pour faire tourner notre lessiveuse et cela fonctionne bien. Il ne faut cependant pas tenter le diable en actionnant un autre gros consommateur électrique car le groupe déclare alors forfait ! D'un autre côté, au mouillage, lorsqu'il ne pleut pas, c'est l'eau qui est un problème... La lessiveuse en consomme beaucoup ! Nous revoilà en présence de l'éternel Yin et Yang qui, dans le fond, règle notre vie, que nous soyons en Europe ou au paradis Caraïbe. Chaque choix est régit par le pour et le contre. Rien donc de nouveau sous le soleil...

Mais où avais-je laissé notre parcours Caraïbe ? Nous quittions la Dominique pour l’îlet des Cabrits situé aux Saintes : point de départ de notre découverte de la Guadeloupe. Nous y arrivons après une courte traversée qui nous prend la matinée et mouillons sur bouée. Il faut savoir que les mouillages sur bouées se multiplient dans les endroits où les fonds méritent d'être protégés et c'est une très bonne chose. Il suffit de plonger sur l'aire d'évitage de sa propre ancre pour constater combien une chaîne qui rague sur le fond détruit tout sur son passage. Les patates de corail n'y résistent pas !  Donc, nous sommes sur bouée et découvrons les fonds sous-marins avec palmes, masque et tuba (pour ne pas utiliser l'horrible expression « snorkeling »!!!). L'eau est toujours à 27°  et offre une excellente visibilité. Nous irons ainsi de surprise en surprise, découvrant une multitude de poissons organisés en territoires très spécifiques à chaque espèce qui se confondent merveilleusement avec leur environnement. Nous retiendrons parmi tous ces magnifiques poissons tropicaux merveilleusement colorés, les diodons, les murênes, le chevalier, les balistes, le papillon Kat-Zié pour ne citer que ceux-là. A chaque retour au bateau, nous les identifions sur une planche illustrant les habitants du récif. Notre enthousiasme est tel que c'est  le froid qui nous a poussé à arrêter là  notre exploration. Une heure dans de l'eau à 27° nécessite quand même le port d'une protection thermique qu'à tord nous avions estimée non nécessaire. Les prochaines explorations furent toutes réalisées avec nos combinaisons excepté certaines petites sorties supplémentaires que Marjo, émerveillée par tout ce qu'elle voyait, réalisait en pendant que je m'occupais à bord. Nos Amis de SAS³ et Umilialtak nous retrouvèrent là-bas ce qui fut l'occasion d'un sympathique barbecue sur l'île que l'on aurait bien crue centre de revalidation psychiatrique pour gallinacés tant plusieurs coqs n'arrêtaient pas de chanter.... jour et nuit ! Peut-être l'influence de Bob Marley ?... Une bien sympathique soirée... Plusieurs allers-retours en annexe nous ont permis de prendre l'ambiance du Bourg situé à un petit mile à l'est. C'est le nom du village unique de Terre-de-Haut. Que dire de cette ambiance sinon qu'elle est pétaradante sillonnées que sont les rues par des scooters fous. Les dépliants touristiques annonçaient bien la couleur mais à ce point !... Nous n'y sommes retournés que pour l'avitaillement qui nous permit quand même de découvrir les gâteaux de l'endroit qui s'appellent des « tourments d'amour ». Un vrai régal ! A part cela, que des pièges à touristes... Nous avons très vite passé notre chemin pour pointer notre étrave sur les îles Pigeon qui est une réserve naturelle dédiée au Commandant Cousteau. Les mouillage n'y étant pas possibles, nous avons jeté l'ancre en face de l'île, à quelques encablures à l'est. Des tortues nageaient autour de l'Otter et nous les vîmes à plusieurs reprises venir respirer à proximité. A chaque fois, le même émerveillement, le même enthousiasme pour partager cela entre nous. « Regarde ! Une tortue !!! » Et toute activité cessante, nous nous précipitions pour les observer.

A l'Anse de la Barque (nom de l'endroit où nous étions mouillés), toutes les activités tournent autour de la plongée qui est très bien organisée et très bien surveillée. Nous plongerons là-bas une première fois avec notre moniteur préféré alias Stéphane de SAS³ et sa femme Ann  puis deux fois en couple alors que SAS³ nous avait quittés. Notre compresseur a donc bien travaillé et nous a permis de réaliser de magnifiques plongées entre 10 et 30  mètres de fond, les plus beaux endroits se situant entre 15 et 5 mètres. La lumière y est plus présente et les poissons plus nombreux. Nous y verrons des langoustes énormes ainsi que des poissons perroquets qui, bénéficiant de la protection de la réserve, se portaient merveilleusement bien. Les langoustes étaient vraiment impressionnantes et nous ont bien fait saliver... Je pense l'avoir écrit dans un précédent rapport, Marjo a inauguré une sauce créole au coco pour accompagner la langouste qui vous donne une idée de mon état d'esprit, rêvant au moment où, loin des interdictions, je pourrai en remonter une ou deux pour améliorer notre ordinaire ! Bref, les îles Pigeon resteront dans nos souvenirs un magnifique endroit de plongée.

Poursuivant notre route vers le nord, nous sommes arrivés à Deshayes, d'où nous comptions partir à la découverte de l'île en voiture de location. Bien qu'un peu décevante, la visite nous a permis de traverser la forêt qui, si elle est moins luxuriante qu'en Martinique (surtout moins fleurie) n'en est pas moins magnifique d’exubérance végétale. En chemin, nous avons eu l'occasion de visiter la maison du Cacao qui, outre l'intérêt que suscitèrent exposés et démonstration, nous permit de déguster le cacao à chacun des stades de sa fabrication, le chocolat chaud en étant le point d'orgue. Je m'en voudrais de ne pas mentionner la rivière salée qui sépare les deux terres de guadeloupe qui, faut-il le rappeler, se présentent sous la forme d'un papillon.

La traversée vers Antigua, longue d'une petite quarantaine de miles se passa fort bien. L'Alizé continuant à nous offrir ses services tribord amures, c'est par un petit 3 Beaufort que le Canal comme on appelle ici les bras de mer séparant les îles, que le Canal donc a été franchi. Afin d'arriver soleil haut et ainsi se faciliter la navigation à vue, nous avons levé l'ancre à 6 heures. D'une part, les premières heures de la journée sont toujours les meilleures en mer. Pas trop de vent, belle luminosité et mer agréable. Et d'autre part, les cayes comme on appelle ici les patates de corail qui parsèment les abords des îles plus ou moins entourées de récifs, sont plus visibles et peuvent être alors contournées en sécurité. Cela n'empêche pas les approches d'être assez tendues  d'autant que, Marjo étant à la barre et moi assis sur le beaupré surplombant la proue, j'ai confondu à trois reprises caye et tortue, faisant monter la pression à la barre par mes exclamations enthousiastes !  « Là-bas, une... tortue ! » Marjo croit entendre qu'elle doit virer à l'opposé de la direction indiquée. Elle donne un grand coup de barre et moi de me rendre compte que j'ai oublié la raison pour laquelle je suis assis à l'avant ! Ah... cet incorrigible Peter Pan qui sommeille en moi ! D'autres disent Professeur Tournesol... Je crois que je ne m'améliorerai pas et que un peu des deux me convient finalement parfaitement bien... Après ces émotions d'atterrissage, nous embouquions le chenal d'accès au port très fréquenté par des voiliers quittant le port toutes voiles déployées et donc priritaires. Ici, on roule à gauche et j'ai bien l'impression que les habitués de l'endroit confondent les règles de circulation automobile et les règles de navigation car pour autant que je me souvienne de mes cours, ce n'est pas parce que les balises latérales sont ici inversées que l'on s'y croise autrement que dans les eaux européennes ! Disons simplement que la meilleure règle étant de s'adapter aux circonstances en laissant le bon sens nous guider, c'est donc en passant sur la gauche du chenal que nous sommes arrivés à l'abri du « Jolly Harbour », marina assez récente où nous avons par la suite trouvé tout ce dont nous pouvions rêver tant en avitaillement qu'en accessoires pour l'entretien du bateau. Nous avons notamment de nouveau vu des étals de viande appétissants que Marjo se dépêcha d'exploiter en me faisant ressortir notre barbecue. Nous y déposâmes de succulents morceaux de viande dont nous avions presque oublié la saveur au profit des poulets et autres substituts protéiques et ce, depuis les Canaries.

Demain, nous irons nous ancrer à l'extérieur du port afin d'être fin prêt pour parcourir « à la fraîche » les 30 miles qui nous séparent de Barbuda. Départ donc pour le paradis des langoustes jeudi matin. On prévoit un peu de pluie et peu de vent. Espérons que le soleil sera bien présent quand même pour nous faciliter l'approche du mouillage.

A suivre...

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