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07/07/2013

début mars 2012

Rapport de terre/mer 3 : Une semaine que nous avons atterri à la Dominique. Une semaine de grand bonheur en rapport avec le but de notre voyage : la découverte. Ici, contrairement à La Martinique où, mis à part le climat, nous étions « presque » en France, nous avons été totalement dépaysés. Tout d'abord l'île en elle-même : authentique avec sa nature exubérante et riche. La population à grande majorité noire. Beaucoup moins de métissage qu'en Martinique. Des personnes qui semblent être heureuses de leur sort. Pas de mendiants. La bonne santé se lit sur tous les visages. Et la vie qui est rythmée comme chez nous mais de façon beaucoup plus visible par les activités scolaires. Tous les élèves sont en uniforme et envahissent les rues pendant le temps de midi et la fin de l'après-midi. Les uniformes sont différents selon l'établissement fréquenté. La jeunesse ainsi très facilement repérable semble très heureuse et il ressort que les autorités ne rigolent pas avec l'éducation. Nous avons vu de très jeunes garçons portant cravate et semblant déjà être destinés à des carrières diplomatiques ! De vrais petits monsieurs... Rapport à chez nous,... rien à voir !Mardi, nous avons remonté l'Indian river avec un guide local. Moteur relevé dès l'embouchure afin de préserver l'écosystème, c'est à la rame que notre guide nous a fait découvrir toutes sortes d'espèces de plantes et d'arbres de la région. Dégustation de « Dynamite », boisson à base de rhum (tiens donc!) qui nous fut servie fort heureusement en petite quantité, nous permettant ainsi de poursuivre notre route, cette fois à pieds, pour visiter les quartiers plus défavorisés du village. Chaque habitant y possède son lopin de terre et y cultive fruits et légumes divers dont beaucoup d'arbres peu ou pas connus, voire reconnu : l'arbre qui produit les noix de cachou notamment. Le guide a également attiré notre attention sur une petite herbe dont la feuille ressemble à la feuille d'acacia. Il a désigné cette plante comme étant une plante sensitive (elle possède la particularité de se refermer sur son pédoncule dès qu'on la touche), un peu comme, sous l'eau, le spirographe qui rentre dans son tube dès que l'on s'en approche de trop près. Impressionnant ! Nous irons ainsi de découverte en découverte. La cannelle pour ne citer que cet exemple : un arbre comme un autre sauf que, mais il faut le savoir,  quand on détache son écorce du tronc et que l'on renifle, il n'y a plus aucun doute ! Mercredi, nous sommes allés à Roseau, capitale de l'île. Nous avons choisi le bus pour y aller. Je ne me sentais pas capable de découvrir la conduite à gauche sur un tel réseau routier fait de routes tortueuses et relativement étroites où les indigènes sont les rois. J'y reviendrai... Donc, nous voilà monté dans le bus qui, en réalité, sont des petites estafettes d'une dizaine de places avec strapontin. Les voitures ne sont plus de première jeunesse ni les pneus de monte récente mais ça roule et, dans le fond, révèle une efficacité certaine dans la gestion du transport en commun. On attend très peu et, quand on demande à un autochtone de nous dire où se trouve l'arrêt, il nous dit qu'il n'y a qu'à héler le bus là où on se trouve et qu'il s'arrêtera pour nous prendre en charge. Et de fait, quelques minutes plus tard, avant même que nous ayons réalisé qu'il s'agit d'un bus qui arrive car ils sont tous différents, le sympathique passant nous ayant renseigné, crie pour nous et le bus se met sur le côté pour nous prendre en charge. Magique ! Pour quelques dollars ICI (il faut 4 $ICI pour faire un euro), vous pouvez visiter l'île en compagnie des gens de l'endroit qui sont hauts en couleurs. Tous noirs d'abord, ils se coupent en quatre pour répondre à nos questions et, malgré le fait que nous avons chaque fois été les seules passagers de couleur blanche du bus, n'ont jamais montré d'animosité à notre égard. Que des souriants « good morning », « good afternoon », « you're welcome » très polis. Malgré la chaleur qui pourrait vous laisser imaginer que les transpirations  mélangées participent à l'authenticité de ce genre de transport, détrompez-vous, les Dominicains sont des personnes très soignées qui prennent grand soin de leur hygiène corporelle. Mes lointains souvenirs de l'utilisation des transports en commun en Belgique en été sont loin de me rappeler la même impression... Poursuivant notre route vers Roseau, nous constatons qu'ci, le conducteur du bus est un peu comme le facteur chez nous il y a une vingtaine d'années. Il prend en charge un colis par ici, il en dépose un autre par là... Alors que nous attendions depuis seulement quelques minutes le départ du bus où nous étions installés, le conducteur descend. On se dit « Merde ! On n'est pas encore partis !!! ». On remarque alors que le conducteur se penche sous l'estafette et hop ! Voilà qu'il met le moteur en marche, remonte dans le véhicule et démarre. Personne dans le minibus ne semble se formaliser de cette procédure. Etonnant ! C'est le moins que l'on puisse dire... Comme, dans le même registre, cette dame qui monte dans l'estafette avec une bouteille de gaz. Je pense que si cela arrivait en Belgique, la panique d'une attaque terroriste ferait fuir illico tous les passagers !!!

Quant à nous, c'est sans encombres que nous sommes arrivés dans la capitale de l'île. Ici, nous sommes à l'abri de la consommation à l'européenne. Des cordonniers réparent des chaussures que nous mettrions sur les poubelles ! Nous allons de surprise en surprise et découvrons le peu d'intérêt manifesté par les touristes descendus d'un immense love-boat amarré en face d'un sympathique musée que nous avons visité avec l'appréhension qu'il soit envahi... Et bien non, nous étions les quelques rares intéressés ! Sur les centaines de passagers débarqués, seuls quelques couples ont déambulé avec nous dans les salles de cet endroit qui retraçait avec de très belles collections d'objets et de photographies d'époque, l'histoire étonnante de cette île si attachante...

Le lendemain, nous avons visité le fort du Cabrits National Park. Là encore, le Star Clipper était ancré à quelques encâblures du ponton d'accueil et nous craignions donc de devoir faire la visite en compagnie de trop de touristes. Et bien rien de cela n'arriva car les passagers semblaient préférer le farniente à bord plutôt que la découverte. Tant mieux pour nous. Nous avons déambulé seuls ou presque sur les sentiers qui traversent le parc et qui nous ont permis de découvrir les ruines de ce qui fut le fort Shirley et dont une partie a été et est encore en cours de restauration. Du haut de ce fort, nous nous sommes faits canonniers (v. Photo). Nous nous sommes également émerveillés devant la puissance de la végétation se ruant à l'attaque de murs construits à l'épreuve des boulets. Avant de quitter la Dominique, je m'en voudrais de passer sous silence le service du mouillage en la personne de Dany. Ce sympathique dominicain nous a pris en « charge » selon la loi du « premier arrivé, premier servi ! » car à peine notre ancre avait touché le fond, Dany, chevauchant sa pirogue en plastique, nous souhaita la bienvenue au Paradis et nous proposa ses services : enlèvement des poubelles, fournitures de fruits et légumes dont les noix de cocos vertes dont Marjo raffole le jus. Jusqu'à la fin de notre séjour, il nous poursuivit de ses visites dont le caractère est devenu de plus en plus, disons, confidentiel en sorte qu'il nous confia qu'il avait été dessaisi de son bateau et envoyé en prison pour trafic de haïtiens ! Quand il nous a dit combien il demandait par personne, nous nous sommes dits qu'il n'avait pas volé sa condamnation !!! Il nous conta  ses mésaventures avec le sourire, pas même gêné... la vie semblant rester pour lui une sorte de cadeau. Le soleil et la douceur de vivre des Tropiques paraissait avoir fait le ménage des mauvais souvenirs. Quand Dany nous « soutirait » une bière, il partait content à la recherche d'une autre opportunité commerciale. Et toujours avec sa pagaie double dont un seul côté était encore opérationnel ! Un grand moment d'exotisme pour nos yeux et nos oreilles étonnés. Avant d'abandonner la Dominique pour traverser le canal vers les Saintes, il me reste à relater notre visite aux derniers indiens Caraïbes. Ceux-ci sont les derniers représentants de cette race de guerriers qui donnèrent tant de mal aux envahisseurs qui, à l'instar des colons américains, les décimèrent en réduisant leur territoire à une peau de chagrin.   La visite de ce village reconstitué pour le tourisme ainsi que la découverte de leur artisanat dont la technique de confection des objets tissés en paille remonte à l'aube des temps resteront un grand moment de notre visite de la Dominique dont nous retiendrons surtout l'authenticité et sa nature merveilleusement préservée. Avis aux randonneurs, la Dominique recèle un sentier reconnu internationalement par les marcheurs comme la perle des Antilles.

A suivre...

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